La conjoncture économique de la République démocratique du Congo (RDC) est demeurée globalement stable en octobre 2025, marquée par un net ralentissement de l’inflation, une appréciation significative du franc congolais et un ajustement accommodant de la politique monétaire, selon la note de conjoncture publiée par la Banque centrale du Congo (BCC).
Au plan des prix, l’inflation nationale a poursuivi sa décélération pour s’établir à environ 2,26 % en glissement annuel en octobre, contre plus de 13 % à la même période en 2024. À Kinshasa, l’évolution hebdomadaire des prix est restée volatile, oscillant entre des phases de déflation temporaire et une légère hausse, pour atteindre 0,07 % en fin de mois.
« La baisse de l’inflation observée dans les principales villes, notamment à Kinshasa, résulte principalement des ajustements à la baisse des prix des produits alimentaires et du logement, dans un contexte de stabilité du cadre macroéconomique », souligne la BCC dans sa note.
Sur le marché des changes, le franc congolais (CDF) a enregistré une appréciation marquée face au dollar américain. À la mi-octobre, le taux de change indicatif s’établissait autour de 2.190 CDF pour un dollar, avant de s’inverser légèrement en toute fin de mois avec une dépréciation de 0,64 %.
La Banque centrale attribue cette évolution à une meilleure coordination des politiques macroéconomiques et à une amélioration des entrées de devises liées au secteur extractif. « La stabilité observée sur le marché des changes reflète une offre de devises plus soutenue et une gestion prudente de la liquidité », indique l’institution.
Politique monétaire plus accommodante
Dans ce contexte de désinflation, la BCC a décidé, le 7 octobre 2025, d’assouplir sa politique monétaire en abaissant son taux directeur à 17,5 %, contre 25 % auparavant, afin de soutenir l’activité économique tout en maintenant la vigilance sur la liquidité bancaire.
Parallèlement, la deuxième phase de l’actualisation de la réserve obligatoire a eu un impact notable sur la liquidité du système bancaire. Les avoirs des banques en monnaie nationale ont atteint 3.509 mille milliards de CDF au 31 octobre 2025, malgré une ponction de 558,6 milliards de CDF liée à cette mesure. Les opérations sur le marché interbancaire ont été marquées par une forte souscription des établissements bancaires aux Bons BCC, traduisant un appétit soutenu pour les titres de la banque centrale.
Finances publiques sous pression en début de mois
Sur le plan budgétaire, le début du mois d’octobre a été marqué par un déficit important de trésorerie. Au 9 octobre, l’écart entre les recettes et les dépenses atteignait 788,8 milliards de CDF, selon les données officielles. Cette situation s’est toutefois améliorée vers la fin du mois grâce à une mobilisation accrue des recettes.
Sur les dix premiers mois de 2025, les recettes publiques ont affiché un taux de réalisation de 104,8 %, tandis que les dépenses ont légèrement dépassé les prévisions, avec 27.280 milliards de CDF exécutés contre 27.169 milliards programmés. Le déficit de trésorerie cumulé, estimé à 3.478 milliards de CDF, a été couvert par des émissions de titres publics et l’utilisation des marges de trésorerie.
Croissance portée par le secteur extractif
Les perspectives de croissance restent solides. La BCC projette une expansion économique comprise entre 5,6 % et 6,3 % en 2025, tirée principalement par le dynamisme du secteur extractif, avec une contribution croissante des services et du secteur secondaire, notamment le bâtiment et les travaux publics (BTP).
« La performance du secteur minier demeure le principal moteur de la croissance, dans un environnement international marqué par des prix des matières premières contrastés », note la Banque centrale.
À cet égard, les prix du cobalt et de l’or ont enregistré une hausse soutenue par rapport à fin 2024, portés par la demande mondiale et les anticipations de baisse des taux d’intérêt américains. En revanche, les prix des céréales de base riz, blé et maïs ont reculé sur la même période, contribuant à l’atténuation des pressions inflationnistes.
Dans l’ensemble, la BCC estime que la stabilité macroéconomique observée en octobre 2025 constitue un signal encourageant, tout en appelant à la prudence face aux chocs externes potentiels et à la sensibilité persistante de l’économie congolaise aux fluctuations des marchés internationaux.
La rédaction

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