Nord-Kivu : l’enrôlement pour les passeports biométriques à Beni freiné par lenteurs et plaintes de surcoûts

Posted on

Les opérations de délivrance des passeports biométriques à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, sont perturbées par des lenteurs, des files interminables et des accusations de frais additionnels exigés aux demandeurs, selon plusieurs témoignages recueillis sur place.

Jack, un demandeur rencontré devant le centre mobile de capture, affirme que les coûts annoncés officiellement ne correspondent pas à la réalité du terrain.

« Je suis l’un des citoyens qui cherchent à obtenir un passeport à Beni, et je suis profondément consterné par la manière dont les démarches se déroulent », a-t-il déclaré.

Le gouvernement avait annoncé un tarif de 75 dollars pour le passeport congolais, mais selon Jack, la procédure auprès de la banque chargée de recevoir les paiements s’opère « avec une lenteur excessive », poussant certains demandeurs à payer « jusqu’à 80 dollars pour accélérer le processus ».

Il affirme également que l’Agence nationale de renseignements (ANR) demanderait « 20 dollars pour la signature de la demande et la validation du dossier ».

« Avant même d’atteindre l’étape de la capture des données, il faut déjà débourser au moins 100 dollars, sans compter les 30 dollars supplémentaires pour être favorisé », ajoute-t-il.

Plusieurs habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu se rendent à Beni pour l’obtention du document, mais « une fois arrivés ici, tout se complique », dit Jack, qui estime que « seuls les recommandés ou ceux qui payent des sommes supplémentaires sont servis ».

Il se dit particulièrement préoccupé par la vulnérabilité de certaines femmes face aux délais.

« Il est alarmant de constater que certaines femmes, face à la lenteur des procédures, se voient contraintes de recourir à des moyens désespérés pour survivre à Beni », assure-t-il, en appelant les autorités à « rétablir l’ordre ».

Les services concernés n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaire sur ces allégations.

Les autorités locales assurent que l’opération progresse

De leur côté, les responsables du centre mobile affirment que les opérations avancent à un rythme soutenu. Lundi, un lot de 1 200 passeports, correspondant à la troisième livraison, a été remis aux demandeurs à Beni, un mois après le lancement officiel des captures par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Évariste Kakule Somo.

« Comme tu le vois, nous sommes en train de livrer le troisième lot des passeports, composé de 1 200 pièces. Je dois vous avouer que le travail évolue normalement », a déclaré Anselme Mponge Katanda, chef du centre mobile de capture à Beni.

« Mon équipe travaille de 8h à 21h, du lundi au dimanche sans repos, parce que nous devons nous rassurer que chaque demandeur identifié soit capturé et reçoive son passeport ici à Beni. Nous saluons la patience des demandeurs qui voulaient tous être capturés en même temps, alors que c’est impossible », a-t-il ajouté.

Selon lui, plus de 2 500 demandes ont déjà été capturées en moins d’un mois, malgré l’afflux continu des citoyens cherchant à obtenir ce document officiel.

Les opérations devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, alors que la demande reste particulièrement élevée dans la région.

La rédaction

  • Share

0 Comments

Leave a comment