Le niveau de traumatisme psychologique dans la ville de Goma, située en province du Nord-Kivu, est en forte augmentation. Les habitants, à l’image de ceux d’autres régions affectées par le conflit en cours, souffrent de troubles émotionnels de plus en plus visibles.
Cette situation est exacerbée par les événements violents auxquels la population est confrontée quotidiennement.
Un incident de jeudi impliquant un véhicule militaire des éléments M23, a encore mis en lumière la fragilité mentale des civils, en particulier des jeunes.
Jeudi 27 novembre soir, un accident a eu lieu entre un taxi de transport public et un pick-up de l’armée du M23. Bien que l’incident n’ait pas causé de blessés graves, un jeune homme, témoin direct de la scène, a succombé à une crise de stress intense.
Après l’accident, ce dernier est tombé soudainement dans un évanouissement au milieu de la route, soulignant l’ampleur du traumatisme psychologique qui touche la population locale.
Le jeune homme, qui rentrait de son travail, se trouvait dans le taxi en compagnie d’autres passagers lorsqu’une collision mineure a eu lieu avec un véhicule militaire sur le tronçon carmel-marche maman Olive Lembe.
Bien que les dommages matériels fussent minimes, l’impact psychologique sur les témoins, et en particulier sur le jeune homme, a été immédiat.
Le jeune a été pris de convulsions avant de perdre connaissance, un état de choc confirmé par les personnes qui se trouvaient sur les lieux.
Un traumatisme omniprésent
Le phénomène du traumatisme psychologique à Goma, comme dans d’autres zones de guerre en République Démocratique du Congo, a des racines profondes.
La guerre qui déchire le pays depuis des années laisse des cicatrices invisibles, mais bien réelles, sur les individus.
Beaucoup d’habitants de Goma ont été exposés à des violences directes ou indirectes, et les signes de détresse mentale sont désormais omniprésents.
Les experts en santé mentale soulignent que 20% des personnes ayant vécu un événement stressant peuvent développer des troubles post-traumatiques, qu’il s’agisse d’un traumatisme direct, vicariant ou induit par les médias.
L’événement de jeudi dernier n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’impact psychologique des conflits armés sur la population civile.
Un psychiatre consulté sur cette question a précisé que les traumatismes peuvent se manifester bien après l’événement initial, parfois jusqu’à 12 semaines plus tard.
Les symptômes sont divers : cauchemars récurrents, réveils fréquents en pleine nuit, peur irrationnelle, et dans certains cas, des réactions physiques comme des tremblements ou des évanouissements.
D’autres signes incluent la tendance à ne pas éteindre les lumières la nuit ou une hypersensibilité aux odeurs.
L’impact sur les jeunes générations
Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables aux traumatismes de guerre. Un éducateur local a révélé que de nombreux élèves dans les écoles de Goma souffrent de niveaux élevés de stress, ce qui affecte leur concentration et leur bien-être général.
Les conséquences de ces traumatismes peuvent se faire sentir plusieurs années après les événements. Les jeunes, qui sont encore en pleine phase de développement psychologique, sont souvent plus susceptibles de souffrir de troubles durables tels que l’anxiété et la dépression.
Face à cette situation préoccupante, les experts recommandent une prise en charge régulière de la santé mentale des habitants de Goma.
Un suivi psychologique annuel est conseillé pour les personnes ayant vécu des événements stressants. Il est également primordial de promouvoir une “hygiène mentale”, qui inclut des pratiques telles que la gestion du stress, la relaxation et l’exercice physique.
La communauté médicale insiste sur l’importance de la prévention pour éviter que ces traumatismes ne s’aggravent avec le temps. Les autorités locales et les organisations humanitaires sont appelées à renforcer les services de soutien psychologique, notamment pour les jeunes, et à encourager les programmes d’aide communautaire pour réduire les effets négatifs de l’anxiété collective.
Le cas du jeune homme tombé évanoui après l’accident est un triste rappel des traumatismes invisibles mais puissants laissés par des années de violence dans la région. La situation à Goma, comme ailleurs en République Démocratique du Congo, reste extrêmement fragile et nécessite une attention immédiate pour prévenir de futures souffrances psychologiques.
La rédaction

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