Nord-Kivu : la société civile accuse le Rwanda de saboter les processus de paix en RDC

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Les organisations de défense des droits de l’homme en province du Nord-Kivu ont exprimé une vive inquiétude face à un nouveau plan présumé du Rwanda visant à saboter les processus de paix en cours à Washington et à Doha.

Selon ces organisations, Kigali intensifie ses actions militaires dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), avec pour objectif de déstabiliser davantage le pays et d’enfoncer le clou dans un conflit qui dure depuis plus de deux décennies.

Les éléments armés soutenus par le Rwanda, tels que le M23, poursuivent leur offensive avec l’ambition de conquérir des villes stratégiques telles que Kalemie, Kindu et Kisangani. Les organisations de la société civile dénoncent une nouvelle phase de guerre où, derrière les combats, se cache une volonté de forcer le gouvernement congolais à céder sans condition aux demandes de Kigali.

« La prise de Goma et Bukavu par les éléments du M23 n’a pas suffi à affaiblir le gouvernement congolais comme espéré. Le Rwanda, dans sa logique expansionniste, cherche maintenant à contrôler de nouveaux territoires pour asphyxier le gouvernement de Kinshasa et imposer ses exigences », ont écrit ces organisations  des droits humains.

La Stratégie Militaire du Rwanda : Vers une Extension des Fronts

Le 20 novembre 2025, des informations de sources fiables ont révélé que les forces rwandaises, initialement positionnées dans le parc national des Virunga, avaient été retirées de leurs lignes avancées. Ces forces ont été redéployées sur de nouvelles positions stratégiques, notamment entre les territoires de Masisi et de Walikale, dans le Nord-Kivu. En parallèle, des renforts en provenance du Rwanda ont franchi la frontière pour soutenir l’offensive sur le territoire du Sud-Kivu, notamment autour de Shabunda et Lulingu, des zones connues pour leurs ressources minières, comme la cassitérite et l’or.

Les informations recueillies font état d’un redéploiement visant à renforcer les lignes de front dans des régions cruciales qui pourraient avoir un impact majeur sur les échanges commerciaux et le contrôle des ressources naturelles.

« Ces zones sont stratégiques, non seulement pour leur richesse minière, mais aussi pour leur position géographique qui permettrait d’ouvrir des voies vers d’autres provinces vitales, telles que la Tshopo et le Maniema », ont-elles expliqué .

Les organisations de défense des droits humains craignent que cette escalade des combats provoque un nouveau cycle de violences à l’encontre des civils, entraînant des déplacements massifs de populations et une exacerbation de la crise humanitaire déjà critique.

« Les nouvelles offensives risquent de provoquer de nouveaux massacres de civils et d’aggraver la situation humanitaire dans l’est de la RDC, une crise que le gouvernement congolais et la communauté internationale n’ont pas su résoudre », a déclaré la société civile en Nord-Kivu.

Un Appel Urgent à l’Action Internationale

Face à cette situation alarmante, les organisations de défense des droits humains en RDC appellent à une mobilisation immédiate des autorités nationales et des partenaires internationaux pour empêcher le Rwanda de poursuivre sa politique de déstabilisation. Elles demandent au gouvernement congolais de réagir avec fermeté et coordination, en collaboration avec l’État-Major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), pour contrer les nouvelles offensives en préparation.

« La priorité doit être donnée à la défense de notre souveraineté. Le gouvernement congolais doit prendre des mesures concrètes pour stopper l’expansion militaire rwandaise et éviter une défaillance sur le terrain qui pourrait compromettre la sécurité des civils », a insisté un responsable d’une organisation humanitaire.

Les organisations de la société civile en RDC recommandent également une surveillance rigoureuse de toutes les forces militaires engagées dans les combats, afin de prévenir toute infiltration ou défaillance dans la défense de la souveraineté congolaise. Elles insistent aussi sur la nécessité d’une communication transparente et régulière avec la population et les organisations humanitaires.

En parallèle, elles appellent la communauté internationale à prendre des mesures vigoureuses pour contraindre Kigali à mettre fin à son ingérence militaire en RDC. Elles demandent en particulier au Conseil de Sécurité de l’ONU, aux États-Unis, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et à l’État du Qatar d’intensifier leur pression diplomatique pour obtenir le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises du territoire congolais.

« La communauté internationale doit utiliser tous les leviers diplomatiques possibles pour empêcher le Rwanda de saboter les pourparlers de paix à Washington et à Doha, et garantir que ces négociations n’échouent pas à cause des actions militaires de Kigali », a affirmé un expert en relations internationales.

La Nécessité d’une Paix Durable

Les organisations de défense des droits humains rappellent que la paix durable en RDC ne peut pas se construire sur l’occupation illégale, le pillage des ressources naturelles, les déplacements forcés de populations et les violences contre les civils. Elles dénoncent fermement la politique de chaos menée par le Rwanda, qui selon elles, cherche à diviser et déstabiliser la RDC pour imposer sa volonté.

« La paix durable ne peut être fondée sur la violation systématique des droits humains et l’exploitation des ressources naturelles au détriment des populations locales. Il est urgent que la communauté internationale intervienne pour garantir la protection des civils et la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC »,  des organisations des droits humains.

Les organisations appellent à une action immédiate pour stopper cette spirale de violence et éviter une nouvelle catastrophe humanitaire. Elles soulignent que le temps presse : « Il faut agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard. La RDC ne peut pas survivre à une nouvelle guerre », a ajouté un représentant de la société civile.

Le sort de la République Démocratique du Congo dépend désormais d’une action déterminée à tous les niveaux, tant national qu’international. Alors que la guerre menace de s’étendre à d’autres régions stratégiques du pays, les appels à une réponse immédiate et coordonnée se multiplient. La communauté internationale doit se mobiliser pour soutenir les efforts de paix et protéger les populations civiles, avant que la situation ne devienne irréversible.

Les prochains mois seront cruciaux pour l’avenir de la RDC et de la région des Grands Lacs. Les menaces de balkanisation et de nouvelles violences massives sont bien réelles, et les efforts pour parvenir à une paix durable risquent d’être anéantis si le monde ne réagit pas à temps.

La rédaction

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