Trois ans. Trois longues années de guerre, de peur et de silence. C’est dans un message poignant adressé à la nation ce mercredi 29 octobre, et exploité par Les Volcans News, que Jean-Paul Waitswalo, notable du Nord-Kivu, a livré un cri du cœur pour interpeller la conscience nationale et rappeler l’urgence d’une paix véritable dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
« Trois ans déjà que le Congo est déchiré. Trois longues années de souffrances, d’incertitudes et de larmes », déplore-t-il d’entrée, avant d’ajouter que « nos frères et sœurs du Nord-Kivu et du Sud-Kivu vivent au rythme des bombardements, de la peur et du déplacement ».
Dans ce message, M. Waitswalo dresse un tableau sombre de la situation humanitaire.
Des villages rayés de la carte, des familles éclatées, des enfants orphelins, des femmes victimes d’atrocités et des jeunes privés d’avenir.
Pendant ce temps, observe-t-il, « notre économie s’effondre, nos routes se vident, et le désespoir s’installe là où l’espérance devrait régner ».
Malgré les multiples négociations et initiatives diplomatiques engagées à Nairobi, Luanda, Doha ou encore Washington, les armes continuent de tonner dans les collines du Kivu.
« Autant de villes, autant de promesses, autant de pourparlers. Mais sur le terrain, les armes n’ont jamais cessé de parler », regrette Jean-Paul Waitswalo.
« Les accords de cessez-le-feu se sont transformés en simples déclarations sans effet. Et chaque jour, le peuple du Kivu paye le prix de cette lenteur, de cette confusion et de ce manque de volonté politique. »
Face à cette inertie, le notable du Nord-Kivu interpelle directement les autorités du pays :« Chers dirigeants, où en sommes-nous avec vos engagements ? Où sont les conclusions concrètes de toutes ces assises ? Le Kivu mérite la paix, le Congo mérite l’unité. »
Son message résonne comme une supplique, mais aussi comme un avertissement.
« La question n’est plus diplomatique, elle et humaine. Le peuple du Kivu veut vivre en paix. Il veut retrouver sa dignité, son école, sa terre, sa maison. Il veut entendre les rires des enfants, non les échos des canons. »
« L’unité nationale n’est pas un slogan, c’est une urgence »
Jean-Paul Waitswalo insiste sur la responsabilité des dirigeants face à l’Histoire : « Le Congo ne sera jamais fort s’il reste divisé. L’unité nationale n’est pas un slogan, c’est une urgence. Il est temps que nos dirigeants entendent le cri du peuple, qu’ils agissent avec courage, vérité et amour de la patrie. L’Histoire nous observe. Le peuple vous regarde. Et demain, l’Histoire vous jugera sur vos actes, non sur vos promesses. »
Pour conclure, le notable a rappelé la portée morale de sa démarche : « Le sang des innocents du Kivu crie justice. Les larmes de nos mamans appellent la paix. Parce que le Kivu mérite la paix. Parce que le Congo mérite mieux. Parce que le peuple mérite la vie. »
Un message fort, empreint de douleur mais aussi d’espérance, qui résonne dans les montagnes du Kivu comme un appel à la conscience nationale.
La rédaction

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