L’agglomération de Kaniola, située dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), est tombée jeudi 7 août sous le contrôle des rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23), à l’issue de violents affrontements avec les forces locales, ont indiqué plusieurs sources sécuritaires et de la société civile.
« Kaniola est tombée ce soir. Les combats ont été violents et les résistants Wazalendo n’ont pas pu tenir face à l’offensive rebelle », a affirmé un acteur de la société civile sous couvert d’anonymat.
Jusqu’alors tenue par les groupes d’autodéfense Wazalendo, la localité a cédé après plusieurs jours de renforcement militaire constatés dans la région par les rebelles.
« Ces trois derniers jours, ils se sont consolidés dans plusieurs localités », a précisé la même source, citant notamment des mouvements dans les territoires de Walungu et Kalehe, ainsi qu’autour de la ville de Kalehe.
Dans la soirée, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Sadiki, a accusé l’armée rwandaise de soutenir l’offensive via des frappes de drones.
« Nous dénonçons l’usage de drones kamikazes rwandais qui ont bombardé la population civile à Kaniola », a déclaré le gouverneur sur top Congo, évoquant une situation « critique mais sous contrôle » grâce à la coopération entre les Wazalendo et leurs alliés, notamment l’armée burundaise.
À quelques kilomètres de là, la panique s’est emparée de la localité de Nzibira. Des témoignages font état d’une population en débandade fuyant les combats.
« Depuis 21h30, c’est la panique. Les habitants de Nzibira sont dans la brousse, sur les routes, sur les collines. Ils ne savent plus où aller », a indiqué un responsable local.
La société civile locale a appelé à épargner les civils.
« Nous vous invitons à éviter toute confusion qui pourrait mettre en danger la vie de la population de Nzibira, déjà en détresse », a alerté un représentant communautaire.
Selon le gouverneur Sadiki, malgré les avancées de l’AFC/M23, les groupes locaux d’autodéfense ont infligé des revers aux rebelles sur plusieurs fronts.
« Ils ont tenté de progresser vers plusieurs zones, mais ils se sont heurtés à une solide résistance de nos populations. Là où il y a eu confrontation, nous les avons repoussés », a-t-il assuré.
Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo reste alimenté par une multiplicité d’acteurs armés et des intérêts régionaux, avec des accusations récurrentes d’ingérence du Rwanda ce que Kigali dément systématiquement.
La situation humanitaire s’aggrave dans le Sud-Kivu, où des milliers de civils sont en fuite, sans assistance, face à une nouvelle poussée rebelle.
La rédaction

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