RDC : l’État islamique revendique le massacre de plus de 45 civils en Ituri

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Une nouvelle tragédie frappe la province de l’Ituri. Dans la nuit du samedi au dimanche 27 juillet 2025, le centre commercial de Komanda, situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Bunia, a été la cible d’une attaque sanglante revendiquée par le groupe État islamique.

Sur l’un de ses canaux télégramme, la branche africaine du groupe jihadiste a affirmé avoir tué “autour de 45 chrétiens”, incendiant en parallèle plusieurs dizaines de maisons et de commerces, précisent nos confrères de 7sur7.cd.

La localité, jadis paisible, est aujourd’hui sous le choc. Les images relayées par des témoins montrent des cendres encore fumantes, des carcasses de véhicules calcinés, et des familles effondrées. Selon certaines sources indépendantes, le bilan pourrait s’élever à 49 morts, principalement des civils catholiques réunis en veillée de prière.

Une attaque signée ADF-ISCAP

Cette attaque s’inscrit dans une longue série d’exactions menées par les ADF (Allied Democratic Forces), qui opèrent principalement dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis 2019, ce groupe armé d’origine ougandaise a prêté allégeance à l’État islamique, devenant sa branche officielle en Afrique centrale, connue sous le nom d’ISCAP (Islamic State Central Africa Province).

Le leader du mouvement, Musa Seka Baluku poursuivent nos confrères, continue de diriger les opérations depuis les maquis de l’Ituri et du Nord-Kivu, multipliant les attaques ciblées sur les populations civiles et les infrastructures économiques. En août 2023, l’État islamique avait publié des images d’une cérémonie d’allégeance formelle des ADF au nouveau “calife” du groupe Daesch, Abi Hafs Al-Qurashi, renforçant les liens idéologiques et logistiques entre les deux entités.

Les chiffres sont glaçants. Selon des données compilées par des organisations locales, plus de 15 000 civils ont été tués au cours de la dernière décennie du fait des actions terroristes des ADF. Des milliers d’autres ont été enlevés, alors que des centaines de villages ont été réduits en cendres, entraînant un effondrement de l’économie rurale locale, déjà fragilisée.

Malgré la présence conjointe des forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF), la menace reste vivace. En septembre 2024, les deux armées avaient mené une offensive réussie dans la zone de Biakato–Makumo, récupérant du matériel informatique connecté au réseau ISCAP. Pourtant, les opérations de démantèlement peinent à endiguer les incursions sanglantes du groupe, désormais bien ancré et structuré.

Les ADF ont même élargi leur champ d’action, menant des opérations meurtrières en territoire ougandais, ce qui donne à cette crise une dimension régionale particulièrement complexe.

Juillet 2025 restera gravé dans les mémoires comme l’un des mois les plus sanglants de l’année. Rien qu’au cours de ces quatre dernières semaines, plus d’une centaine de morts ont été enregistrés dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et d’Irumu (Ituri), des zones connues pour être des bastions du groupe terroriste.

Avec 7sur7.cd

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