l’évacuation d’un marché pirate érigé sur le site de l’ancien cimetière Mbenseke Mfuti, situé dans le quartier Mitendi à Mont-Ngafula, commune de l’Ouest de Kinshasa, a été officiellement annoncée pour le samedi 19 juillet 2025. Cette mesure, prise en amont de la Journée nationale des morts célébrée le 1er août, vise à restaurer la dignité de ce lieu de mémoire, aujourd’hui profané et détourné de sa vocation première.
« Nous vous annonçons que l’opération d’évacuation du marché pirate érigé au sein de l’ancien cimetière Mbenseke Mfuti… aura lieu le samedi 19 juillet 2025. Cette décision fait suite à la profanation des tombes et à la transformation des lieux de repos en kiosques et boutiques », a déclaré Adèle Shimba, cheffe du quartier Mitendi, lors d’un point de presse tenu lundi.
Ce site, jadis réservé au repos éternel, est depuis plusieurs années envahi par un marché informel où des commerçants se sont installés en toute illégalité. Tombes détruites, sépultures invisibles, mémoire collective effacée : la situation a poussé les autorités locales à passer à l’action.
L’opération s’inscrit dans le cadre de la campagne provinciale baptisée « Balabala eza Wenze te » (La rue n’est pas un marché), initiée par le Gouverneur de Kinshasa. Celle-ci vise à libérer les espaces publics des marchés sauvages qui prolifèrent à travers la ville.
Pour Mme Shimba, la date du 19 juillet n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide avec les préparatifs de la Journée nationale des morts, moment de recueillement pour de nombreuses familles. « Nous sommes déterminés à restaurer le caractère sacré des lieux et à permettre aux familles de retrouver les tombes de leurs proches », a-t-elle affirmé.
Elle a également insisté sur l’impact humain de cette occupation anarchique : « De nombreuses familles ont du mal à retrouver les tombes de leurs défunts pendant la Journée nationale des morts. C’est une douleur que nous ne pouvons plus ignorer ».
La cheffe de quartier a conclu en précisant que les vendeurs ont été sensibilisés et appelés à quitter volontairement les lieux, dans le respect des morts et de la mémoire collective.
L’évacuation à venir est perçue comme un acte fort de restauration de la dignité, non seulement pour les disparus, mais aussi pour la communauté de Mitendi, engagée dans une lutte pour la valorisation de son territoire.

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