La ville vit toujours sous la menace constante d’une criminalité galopante, malgré la présence des forces dites de sécurisation. Ce vendredi 20 juin, deux attaques violentes ont à nouveau été enregistrées dans la capitale provinciale du Nord-Kivu.
Le quartier Kasika est en deuil. Monsieur Kakule Ngwabi Germain, chef de l’avenue Bulenda, a été froidement abattu à son domicile aux alentours de 20h, lors d’une incursion nocturne menée par des hommes armés non identifiés.
Ces derniers ont fait irruption sur l’avenue Bulenda, ont ouvert le feu sur la victime et se sont emparés de plusieurs téléphones dans un publiphone situé à proximité, avant de disparaître à bord d’un mini-taxi.
« Nous avons entendu plusieurs coups de feu. C’était la panique, puis on a appris que c’était le chef de l’avenue qui venait d’être touché. Il a succombé peu après malgré son transfert à l’hôpital », relate un habitant sous le choc.
La cheffe de quartier Kasika, Madame Annie Masandi, a confirmé la mort de Kakule Germain, rappelant qu’il avait été grièvement blessé avant de rendre l’âme. Un crime de plus dans une ville où la sécurité se dégrade jour après jour.
Quelques heures plus tôt, à 12h50, un braquage spectaculaire s’était déjà produit à la station-service Mutinga, située entre les quartiers Katoyi et Majengo. Selon des témoins, des assaillants armés ont terrorisé les lieux en plein jour, avant de s’évanouir dans la nature.
Cible suivante : un chef de base locale. Pour de nombreux habitants, ces attaques semblent s’inscrire dans une série de violences planifiées, visant non seulement les citoyens ordinaires, mais aussi les figures d’autorité communautaire.
« Ce qui est inquiétant, c’est que personne n’est épargné. Aujourd’hui, même un chef d’avenue peut être tué chez lui, en pleine ville, sans qu’on arrête les auteurs », déplore un résident du quartier Majengo.
La recrudescence de ces actes criminels soulève des interrogations sur l’efficacité des forces actuellement présentes dans la ville. Goma est officiellement sous contrôle des éléments M23-AFC, mais les violences n’ont pas cessé. Cambriolages, assassinats, braquages armés : la peur règne.
« La présence du M23 n’a pas empêché ces criminels d’opérer en plein jour. Cela soulève des questions sur leur capacité réelle à assurer la sécurité des civils », analyse un acteur de la société civile, sous couvert d’anonymat.
Les populations locales, elles, disent vivre dans une insécurité permanente, sans aucune protection réelle. La circulation d’armes en milieu urbain, les agressions répétées et le flou autour des auteurs de ces actes contribuent à une atmosphère de terreur silencieuse.
« Il n’y a plus d’endroit sûr à Goma. Même nos maisons ne sont plus un refuge. On vit dans la peur permanente », témoigne une mère de famille à Kasika.
Des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer une réponse ferme à cette situation :
- Le renforcement de la sécurité dans les quartiers résidentiels,
- Une identification stricte de tous les hommes en armes circulant dans la ville,
- Une collaboration active entre forces de l’ordre et population locale.
« On ne peut pas parler de stabilisation tant que les citoyens sont abattus chez eux. Ce qui est arrivé à M. Kakule est un signal d’alarme que personne ne devrait ignorer », conclut un défenseur des droits humains basé à Goma.
Pendant que les autorités cherchent encore des solutions durables, les cercueils s’enchaînent et les familles endeuillées se multiplient. L’insécurité, elle, continue d’écrire sa chronique sanglante dans les rues de Goma.
Par la rédaction

0 Comments