Déluge à Kinshasa : au moins 19 morts, des quartiers engloutis en pleine saison sèche

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La capitale congolaise, Kinshasa, a été violemment frappée dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin par une pluie torrentielle d’une intensité exceptionnelle. Ce déluge a provoqué un drame humain et matériel d’une rare ampleur, révélant une fois de plus les profondes failles des infrastructures urbaines de la ville.

Selon un bilan provisoire établi par les autorités locales et relayé par la radio Top Congo, au moins 19 personnes ont perdu la vie, tandis que des centaines de familles se retrouvent sinistrées.

La commune de Ngaliema est celle qui paie le plus lourd tribut. Le bourgmestre Fulgence Bolokome a confirmé 17 décès dans plusieurs quartiers submergés. Deux grandes artères, les avenues Tourisme et Okito, ont été littéralement coupées, isolant une partie du quartier Pigeon, où l’on signale encore plusieurs personnes bloquées.

Infrastructures effondrées à Lemba et dégâts à N’sele

À Lemba, deux personnes supplémentaires ont perdu la vie. Le pont Koyombo, déjà en mauvais état, s’est effondré sous la pression des eaux. Le camp Kabila n’a pas été épargné non plus, aggravant les tensions sécuritaires dans cette zone.

À N’sele, si aucune victime n’est à déplorer, les dégâts matériels sont considérables. Le bourgmestre Franck Mbo a indiqué que plusieurs maisons ont été englouties dans le quartier Badara, entraînant le déplacement de dizaines de familles.

La commune de Matete est également durement affectée. Plus de 500 ménages ont été inondés, selon le bourgmestre Jules Mukumbi. Il évoque une situation « dramatique », notamment dans les quartiers De Bonhomme et Maziba, où l’eau atteint parfois jusqu’à un mètre de hauteur à l’intérieur des habitations.

Dans les quartiers de Mombele, Funa et Ndanu, la situation est pour l’instant « maîtrisable », d’après l’adjoint au bourgmestre, Isaac Mukendi, qui précise toutefois qu’un dispositif de surveillance reste actif, les prévisions météo annonçant de nouvelles pluies dans les prochains jours.

Ces inondations mettent en lumière la fragilité structurelle des infrastructures de Kinshasa face aux aléas climatiques. L’absence de drainage efficace, la construction anarchique et la vétusté des routes transforment chaque pluie en catastrophe potentielle.

Le gouvernement provincial est désormais sous pression, sommé d’agir de manière urgente pour empêcher une aggravation de la situation. L’opinion publique réclame des mesures concrètes : relogement des sinistrés, réhabilitation des routes, et surtout plan de prévention des risques climatiques, aujourd’hui quasiment inexistant.

Alors que les secours s’organisent avec difficulté dans plusieurs zones enclavées, les appels à l’aide se multiplient. Des familles sans abri, des axes routiers impraticables et des quartiers entiers isolés constituent le nouveau visage de Kinshasa ce samedi matin.

Face à cette situation, une réaction rapide du gouvernement central est attendue. Le risque d’une crise humanitaire d’envergure est réel si aucune action coordonnée n’est entreprise rapidement.

Rédaction 

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