Goma : Oui, plus d’une dizaine de bus Rwandais ont traversé la frontière congolo-rwandaise : une opération d’évacuation ou un mystère militaire ?

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Depuis l’après-midi du mercredi 11 juin 2025, une agitation palpable a saisi la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, alors que plusieurs témoignages concordants ont fait état de la traversée de nombreux bus Rwandais vides en provenance du Rwanda via la frontière congolo-rwandaise.

Selon des alertes virales publiées sur les réseaux sociaux, jusqu’à 21 bus de la société de transport Rwandais RITCO auraient été observés sur la route Goma-Sake, certains sur le tronçon menant vers Bukavu.


« 21 bus de la Société Ritco sur la route Goma-Sake en provenance du Rwanda », pouvait-on lire dans l’un des messages devenus viraux.

Un autre ajoutait : « Goma : il est 17h59 de ce 11.06.2025, plus de dix gros bus sans passagers avec immatriculations Rwandaises visibles dans la route Goma-Sake en destination de Sake/Masisi. »


Ces informations, d’abord diffusées sous forme de rumeurs, ont été confirmées en soirée par des sources proches de l’administration du M23-AFC, qui contrôle actuellement la ville de Goma.

Ces dernières ont toutefois réfuté toute idée de retrait militaire, comme plusieurs internautes l’avaient suggéré en lien avec la présence massive des bus rwandais.

« Il ne s’agit pas d’un repli ou d’un retrait des troupes vers le Rwanda,» a précisé une source militaire interne, qui a requis l’anonymat, ” mais d’une opération encadrée pour une autre raison.”

*Une évacuation controversée de présumés FDLR*

D’après un journaliste, bien introduit dans les réseaux humanitaires, ces bus auraient été affrétés pour transporter des personnes identifiées comme ex-combattants ou sympathisants du groupe armé FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) vers le territoire rwandais, dans ce qui serait une opération de rapatriement coordonnée entre le M23-AFC et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

Cependant, cette opération aurait été menée sans l’implication formelle du gouvernement congolais, selon des sources sécuritaires nationales.

Le ministère de l’Intérieur avait d’ailleurs, dans une communication récente, exprimé des doutes et des réserves quant à toute opération menée en zone contrôlée par les rebelles, hors cadre bilatéral ou onusien encadré.


En l’absence d’un communiqué clair de la MONUSCO ou du HCR,de nombreuses questions subsistent sur le véritable objectif de cette opération. Des observateurs y voient un geste purement humanitaire, tandis que d’autres dénoncent une manipulation orchestrée pour masquer des mouvements logistiques militaires ou faciliter l’entrée de nouveaux éléments en RDC sous couvert de rapatriement.

Un chercheur en sécurité de la région des Grands Lacs souligne : « La collaboration entre le M23 et une agence internationale comme le HCR est un arbre qui cache une forêt. Il y a des enjeux géopolitiques plus profonds autour de la question des FDLR, du génocide rwandais et des intérêts rwandais en RDC. »


Le Rwanda a toujours plaidé pour le retour des ex-FDLR, accusés de participation au génocide de 1994. Ce groupe armé est actif depuis deux décennies à l’Est de la RDC.

Pour Kigali, leur présence sur le territoire congolais constitue une menace persistante à sa sécurité nationale. Plusieurs initiatives de rapatriement ont été tentées dans le passé, mais rarement avec une telle visibilité et une telle logistique.

Le mystère reste donc entier autour de cette arrivée massive de bus vides : s’agit-il réellement d’un geste humanitaire visant à solder une vieille blessure régionale, ou d’un déplacement stratégique de pions dans une guerre de positions de plus en plus opaque dans l’Est du Congo ?

la rédaction

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