Les graines du changement ont d’ores et déjà été plantées par le chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à travers son plan quinquennal axé prioritairement sur la lutte contre l’impunité cependant, les optimistes dans la sphère de l’élite congolaise veulent pour leur part matérialiser cette visio républicaine, à l’instar de l’Office national des produits agricoles congolais (ONAPAC).
Le bien fondé de cette approche
Optimiser les recettes douanières et les taxes dûes au trésor public, procéder à l’estampillage des produits agricoles dans le dessein de corriger un contexte pas trop reluisant sur la marque congolaise sur le circuit du marché mondial.
Du fait que, plusieurs tonnes de cacao et de café traversent frauduleusement à travers les pistes poreuses parsemées le long des rivières Thako et Lubiriha entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda, créant ainsi la perte de potentialités du système économique congolais.
Le positionnement contraignant
Après les dénonciations en outrance de la société civile forces vives de Basongora et du fonctionnaire délégué du Gouverneur militaire du Nord-Kivu affecté à Kasindi M. Kambale Sivavuhirwa Barthélémy, sur la légèreté dans la riposte contre les malversations du commerce extérieur de cacao et de café via le pays voisins de l’Ouganda, désormais l’ONAPAC s’inscrit dans la dynamique de ne plus tergiverser avec de simples mots, et n’a pas tardé à agir en interceptant les acteurs de la contrebande dans ce secteur vital de l’économie nationale.
En effet, l’ONAPAC multiplie ses actions sur terrain dans le but de lutter efficacement contre la fraude des produits agricoles, en l’occurrence les produits pérennes, dans la région de Beni et ses environs. Dans l’intervalle d’une semaine, ce service en étroite collaboration avec le conseil local de café et cacao (CLCC) de Kasindi, a été à la hauteur de contrecarrer l’exportation frauduleuse vers l’Ouganda de plus de 6 tonnes de cacao.
“Outre les trois tonnes de cacao, ladite cargaison contenait près de cinquante (50) kilos de café. Pour l’ONAPAC, la saisie de cette nouvelle cargaison s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la fraude dans l’exportation de ces produits. L’ONAPAC secteur de Beni profite de l’occasion pour décourager la poche résistante dans la fraude promettant des actions contraignantes pour anéantir complètement cette pratique”, a indiqué sur son compte X le journaliste Siku Provinces qui a couvert médiatiquement cette action destinée à sauver la valeur économique des produits agricoles congolais.
“Le trafic du cacao n’est pas anodin : il suit des circuits structurés qui contournent les normes congolaises et internationales”, a récemment insisté Kaswera Syvialeghana Alphonsine, Madame Directeur de l’ONAPAC secteur de Beni. Lors de son speech à l’endroit des opérateurs économiques.
Le caractère de la pérennité de cette action
La responsable de l’ONAPAC a tout de même révélé que, la rigueur ponctuée des contrôles. À l’en croire, les sacs interceptés, d’une valeur estimée entre 30 000 et 37 500 dollars selon les cours actuels (6 à 7,5 USD/kg), ont été rapatriés vers l’entrepôt officiel de Beni, sous scellés judiciaires. Et selon Me Merveille Muhindo Sikwaya, le processus evolue normalement au niveau du parquet de grande instance de Beni.
Ces progrès sont largement salués par les organismes citoyens de Kasindi dans la valorisation de l’or noir. Négligée pendant des décennies, la filière cacao fait aujourd’hui partie intégrante de la stratégie de diversification économique lancée par les autorités congolaises. Un pari ambitieux et aux multiples défis.
Perspectives favorables
Une nécessité parfaitement intériorisée par le pouvoir actuel, qui cherche aujourd’hui à accélérer la diversification économique du pays dans le cadre du plan stratégique congolais, émergent. La période actuelle, marquée par l’incertitude associée aux cours de l’or noir et une volonté étatique de faire croître de nouvelles grappes d’activité économique, pourrait cependant s’avérer une chance pour la filière cacao congolais sur l’échiquier mondial.
Le pessimisme qui gangrène
La société civile forces vives de Basongora estime que, ce n’est pourtant pas la première initiative du genre. Le trafic d’influence contraint souvent les démarches de la traçabilité. C’est pourquoi il y a urgence à agir, chacun devrait se féliciter de cette opération farouche contre la fraude des produits agricoles.
Mais, l’opération pourrait se heurter à bien d’obstacles, notamment l’élasticité de la justice par exemple, l’impunité et l’affaiblissement du mode opératoire des services attitrés et leurs partenaires traditionnels.
Rappel sur la mission de l’ONAPAC
La nécessité s’impose à signaler ouvertement que, l’ONAPAC est un établissement public chargé de la mission de promouvoir la production agricole, les débouchés intérieurs et extérieurs des produits agricoles d’exportation ainsi que leurs dérivés. Son objectif est de créer des emplois et l’entrée de devises étrangères dans le pays pour stabiliser l’économie nationale.
Ce service promeut également plusieurs filières des produits agricoles d’exportation rentables, tels que le café, le cacao, la pyrèthre, la papaïne, le quinquina, le thé, la vanille, les plantes à épices, ce en vulgarisant les bonnes pratiques et techniques culturales ainsi qu’en encadrant les producteurs jusqu’à l’empotage des produits agricoles pour leur exportation.
PAUL ZAÏDI

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