La guerre qui déchire le Nord-Kivu depuis le déclenchement des hostilités entre le M23 et les forces RDF a déjà coûté la vie à plus de 1.500 personnes, selon les témoignages recueillis lors de la commémoration de la journée nationale du Génocide à l’hôtel Serena ce vendredi.
M. Mulengera Faustin, un survivant, a décrit les horreurs vécues depuis son départ de Rutshuru le 21 juin 2022. “Depuis ce jour-là, nous avons enterré plus de 1.500 victimes. Elles sont mortes soit à cause des bombardements des terroristes du M23/RDF, soit en raison des conditions de vie extrêmes dans les camps de déplacés.”
Loin de retrouver la paix, M. Faustin exprime un désespoir profond : “Il m’arrive de me demander pourquoi je suis né Congolais, pourquoi dans l’Est de la RDC ? C’est la volonté de Dieu qui nous a placés ici. Nous, déplacés survivants de cette guerre imposée par le Rwanda, vivons de la mendicité, et nos enfants n’ont plus accès à l’éducation. Nous plaidons pour le retour de la paix, pour pouvoir rentrer chez nous et reconstruire nos vies.”
Survivante d’un viol collectif, une femme a vu son mari et son fils aîné être étranglés par les rebelles après avoir été victimes de viols.
“Nous avons décidé de ne pas fuir lors des premières attaques dans notre village à Rutshuru. Nous nous sommes enfermés dans la maison, mais lorsque notre enfant a pleuré, les rebelles ont forcé la porte, ont ligoté mon mari et mon fils dans une chambre et m’ont violée dans une autre. Ensuite, ils sont allés étrangler mon mari et mon fils avant de partir”, a-t-elle relaté.
Actuellement réfugiée à Goma, elle exprime sa détresse : “La vie ici devient invivable. Je ne sais plus à quel saint me vouer. Je demande la paix, car nous souffrons atrocement dans les camps de déplacés.”
Le gouverneur du Nord-Kivu, le Général Major Peter Chirimwami, a critiqué l’indifférence apparente de la communauté internationale envers ce conflit prolongé : “Nous commémorons les victimes de cette guerre qui dure depuis plus de trois décennies. Malheureusement, la communauté internationale semble avoir oublié cette crise, alors qu’elle est alimentée par des fins économiques et la guerre imposée par le Rwanda et les terroristes ADF.” Il appelle à une mobilisation accrue pour le Nord-Kivu.
De son côté, le ministre des Mines, Kizito Pakomba Kapinga, représentant du gouvernement central, a exprimé sa frustration face à la persistance des violences : “Il est impératif que la paix revienne et que la justice soit rétablie. Le sang des Congolais a assez coulé.” Il a ajouté que sa présence à la commémoration témoigne du soutien du Chef de l’État pour la paix et la sécurité dans la région. “Nous sommes déterminés à rétablir la paix sur tout le territoire national. C’est le moment de nous unir, car l’espoir est la seule chose à laquelle nous pouvons nous accrocher.”
La rédaction

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