Jadis l’école produisait des hommes et des femmes rompus à la complexité administrative et à la conquête du pouvoir. Aujourd’hui sous la pression du paradoxe, la faiblesse relative des contre-pouvoirs est une des caractéristiques de la démocratie en République Démocratique du Congo.
La défiance envers le monde politique ne cesse de s’accroître, les chances pour sauver les institutions sensibles du pays sont aléatoires. Et donc, l’opportunité de gouverner sans risquer d’être renversé se maximise en priorité. Les gouvernants ont les mains libres, mais ils ne sont responsable devant personne pendant la durée du mandat sur fond d’un système d’irresponsabilité institutionnelle, où le vagabondage s’appelle dynamisme politique.
La crise du leadership au sein des partis politiques se manifeste par les sorties médiatiques subversives, de la forte défiance des citoyens, qui se manifeste notamment des lamentations des citoyens lambdas et en mode subversif.
La qualité des politiques publiques, les caractéristiques des élites congolaises ou encore la tendance supposée des acteurs influents à tout peindre en noir ne peuvent pas être tenues pour seules responsables du rythme de l’insatisfaction politique.
La lutte intense pour les architectures institutionnelles politisées par les intérêts égoïstes, constitue sans doute une particularité congolaise, qui permet de comprendre nombre d’obstacles mais aussi nombre de mauvaises pratiques en cas de ruptures.
La République Démocratique du Congo a un vrai talent qui n’appartient qu’à elle. Elle construit des institutions puissantes, admirables, souvent copiées ailleurs. Mais en creusant leur trou, ces institutions creusent aussi leur tombe, ou plutôt la tombe de leur efficacité. Elles étaient des atouts, elles deviennent des boulets au passé si glorieux qu’il est bien difficile de s’en défaire. Leurs apports restent précieux, mais leurs effets pervers sont devenus redoutables.
L’acceptation du bouleversement des institutions politiques devient une des taches primordiales de certains acteurs politiques après avoir consommés un désintéressement à tendance conventionnelle. Ainsi donc, tenant compte de l’évidence de l’inadaptation du régime en place, les acteurs politiques doivent sérieusement proposés les stratégies adéquates pour minimiser, le poids des habitudes et de la classe politique et des réflexes destinées à la transformation sociale dans une réforme inappropriée aux prescrits de la constitution du pays.
Ni les fluctuations épisodiques de la composition des gouvernements et des coalitions parlementaires, ni les renversements complets de la majorité comme ceux des années dernières ne peuvent pas sauver la République. La faiblesse des partis politiques comme leur organisation internes profondément oligarchique, justifie une représentativité fainéante de l’homme politiqu, au sein de l’opinion de l’ensemble des congolais.
PAUL ZAÏDI

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