Les violences domestiques, une réalité à Kinshasa et dans certaines provinces de la RDC

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En République démocratique du Congo, plus de 90 % des femmes sont victimes des violences domestiques selon un monitoring réalisé par la Coalition des Femmes pour la Paix et le Développement CFDP. Suite à beaucoup des pesanteurs sociales ces dernières n’arrivent pas à dénoncer. Certaines femmes acceptent de vivre ces situations sans savoir qu’il s’agit des violences domestiques.


Les violences domestiques faites aux femmes sont en effets toute sorte des maltraitances que subissent les femmes dans le cadre d’une relation de couple. Elles englobent des violences sexuelles, physiques, psychologiques, économiques et autres.


Une jeune étudiante témoigne avoir cohabité durant 7 ans avec un jeune homme qui la maltraitait. Elle affirme avoir remarqué des signes de toxicité au début mais elle ne se rendait pas compte qu’il s’agissait des violences domestiques. Par amour pour son conjoint, elle se disait que ce dernier aller changer, mais hélas. ‘’ J’en étais arrivé au point où je me disais mériter certains traitements violents de sa part par mon comportement et autres. Jusqu’au moment où je me suis retrouvé à l’hôpital entre la vie et la mort’’.

Apres cet épisode, elle a décidé de rompre la relation sans porter plainte.


‘’ Mon mari me battait et me voilait depuis toujours. Mais pendant le confinement, son comportement s’était beaucoup détériorer. Comme il ne sortait pas, il était tout le temps à la maison et fauché, il n’avait que mon corps pour distraction. Je n’avais pas le droit de lui dire non, quand je n’étais disposé à avoir des relations sexuelles avec lui, il me battait et me malmenait. Il passait son temps à m’injurier devant les enfants. Les voisins et autres connaissaient me moindre défauts ‘’
‘’ Il faut arrêter de contrarier ton mari. Et il arrêtera de te battre.’’ C’est ce que disait la mère de Martine, une victime à Kinshasa. Elle explique que sa mère lui disait que c’était par sa faute que son mari la battait. ‘’ J’ai commencé à faire de mon mieux pour ne pas contrarier mon mari comme me disait ma mère, mais ce dernier me battait pour un rien, j’ai compris que cela dépendait au fait de son humeur et pas forcément de mon comportement’’ se rappelle-t-elle.


Après plusieurs épisodes d’aller-retour entre son foyer et le domicile familiale ou elle n’était plus acceptée, Martine a décidé d’en parler à une amie qui elle avait suivie des sensibilisations sur les violences sexuelles et basés sur le genre. ‘’ Mon amie m’a aidé à y voir clair. J’ai menacé mon mari de l’amener en justice au cas où il continuait à me battre. Depuis ce jour, je suis un peu en paix.’’ Se réjouit Martine. En effet, après cette menace, le mari de Martine a arrêté de la battre mais à continuer de l’humilier pour autant. ‘’ Mon mari a raconté tout le monde que j’étais méchante car je voulais l’amener en justice. Sans l’avoir fait, je suis quand même devenue la rusée de nos proches. Mais cette menace m’a quand même protéger de ses coups’’


En RDC, beaucoup des femmes subissent des violences domestiques mais la plupart ne se plaignent pas devant les juridictions. Certaines ont peur de perdre leurs mariages. D’autres, informées ne peuvent le faire car la RDC n’a aucune loi qui condamne de manière spécifique les violences domestiques. Pour ce faire, les participantes à une discussion organisées par CFDP ont déploré le manque d’une loi spécifique réprimant les violences domestiques en RDC.


Vu les résultats du dit monitoring, le CFDP exige que la loi contre les violences sexuelles soit amandée pour y intégrer des dispositions qui tiennent compte des violences domestiques. Cette organisation de la société civile dit avoir déjà saisi le président de l’assemblée nationale pour que cette question soit traitée à la session prochaine de mars.

Par Évelyne luyelo

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