L’ancienne bourgmestre de la commune de Karisimbi était à l’honneur ce mardi, à Goma. Le mouvement Rien Sans les Femmes (MRSF), accompagné d’autorités locales et de la coordination urbaine des structures de paix et de développement des entités décentralisées et déconcentrées, a décidé de lui exprimer publiquement sa reconnaissance.
Lors de la remise et reprise entre les autorités civiles et de l’administration militaire, le 16 mai dernier, sur l’esplanade de la mairie de Goma, Brigitte Mbayiki a présenté une situation de caisse qui a défrayé la chronique et lui a valu tous les honneurs dans les réseaux sociaux et dans l’opinion.
Elle a quitté ses fonctions sans dette, en plus de laisser en caisse 4000$ et 4 millions de francs congolais. Les internautes et l’opinion de Goma avaient trouvé cette situation financière de Karisimbi particulière et bonne car ils avaient tendance à la comparer avec celles de la commune voisine de Goma et de la mairie qui, en plus de ne presque rien laisser en caisse, avaient endetté l’Etat en millions de francs congolais.
Sur la longueur d’ondes des internautes, des activistes des organisations féminines avaient saisi l’opportunité pour souligner les compétences de la femme et l’importance de l’intégrer dans les instances décisionnelles. Ce 30 novembre, le Mouvement Rien Sans les Femmes a tenu, par cette activité de couronnement de Brigitte Mbayiki, à attirer de nouveau l’attention de l’opinion sur les capacités des femmes à qui l’on peut également faire confiance dans la gestion tant dans le secteur public que privé.
Une reconnaissance unanime
‘’Nous devons suivre des exemples comme elle l’a fait. Je pense que nous toutes ici présentes, nous avons été témoins de ce qui s’était passé. Je sais qu’elle est en congés comme moi mais elle a fait ce que les hommes n’ont pas fait. Moi-même je pense que je vais suivre ses pas’’, a témoigné Prisca Kamala, la ministre provinciale de l’éducation et du genre, avant l’Etat de siège au Nord-Kivu, faisant allusion à la distinction de Brigitte Mbayiki alors qu’elle dirigeait la commune.
‘’Nous sommes conscientes, nous sommes d’accord que les femmes peuvent gérer la chose publique, peuvent nous emmener au développement, elles peuvent aussi contribuer au maintien de la paix, de la sécurité et de tout ce que vous pensez que nous ne sommes pas capables’’, a fait observer à l’occasion, Nelly Kyeya, point focal au Nord-Kivu, du mouvement rien sans les femmes.
Vice-présidente du comité de paix et de développement de la commune de Goma, Wyvine Bwira fait remarquer l’avance que son comité observait chez la bourgmestre de la commune de Karisimbi.
‘’Je suis vice-présidente du comité de paix de la commune de Goma mais je faisais le plus souvent recours chez elle pour acquérir de l’expérience que je venais partager dans ma commune’’, a-t-elle dit.
Dans la salle de la maison de la femme où Brigitte Mbayiki est honorée ce 30 novembre à Goma, lorsque l’une des femme-leaders qui témoignent de l’excellence de l’ancienne bourgmestre dit que Brigitte doit être promue à un plus haut niveau de l’administration congolaise, la salle crie presque à l’unanimité son accord avec cette idée.
C’était aussi le cas dans les réseaux sociaux où plusieurs internautes avaient réclamaient en mai dernier l’élévation de Brigitte Mbayiki à de plus hautes fonctions dans le pays. Certains disaient qu’elle méritait d’être ministre.
Brigitte Mbayiki émotionnée mais plus que jamais ambitieuse!
Cette belle, abordable et humble femme a des yeux larmoyants lorsqu’hommes et femmes qui sont dans la salle ne tarissent d’éloges à son sujet. Cela exprime l’émotion, la surprise et pourquoi pas la reconnaissance.
Brigitte Mbayiki qui vise loin désormais exprime sa disponibilité à continuer à servir son pays. L’ancienne bourgmestre est même prête à mettre ses compétences au service de l’Etat de siège si on le lui demandait.
‘’Ceux qui pensent que la femme ne peut pas mieux gérer se trompent…le leadership féminin a toujours été meilleur, il n’a jamais été corrompu’’, a-t-elle expliqué.
Brigitte Mbayiki a été couverte de cadeaux que des personnalités et des organisations ont fourni. Certains cadeaux étaient des symboles qui au-delà du simple fait d’exprimer la reconnaissance encourageaient Brigitte Mbayiki et toutes les autres femmes qui travaillent à toujours exceller pour l’honneur de la femme.
Cette activité a été précédée par le lancement à Goma des 16 jours d’activisme contre les violences faites à la femme. Le maire de la ville qui a lancé la campagne s’est engagé à accompagner les femmes pour réussir leurs activités.
Frédéric Feruzi

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