A l’issue d’un atelier sur l’intégration du genre dans les programmes de développement, à Goma, à l’initiative de l’ONU-Femmes, la division du genre et le projet PADMPME, ce 21 octobre, les participants ont annoncé des plaidoyers entre autres sur les lois qui tendent à limiter les femmes entrepreneures, en RDC.
L’atelier de trois jours a été organisé pour renforcer les compétences des acteurs et partenaires du projet PADMPME (Projet d’Appui au Développement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises). Le renforcement des capacités portait sur les principes de l’égalité entre hommes et femmes et l’intégration de la dimension genre dans tous les axes d’intervention ainsi que doter les participants des outils pour s’assurer que les différences entre les hommes et les femmes sont prises en compte lors de la rédaction et la proposition des textes de loi sur les PME, fait savoir un communiqué de presse de l’ONU Femmes.
L’intégration du genre et les blocages de certaines lois visant les femmes sont des leçons qui ont marqué des esprits. ‘’Cela nous a permis de savoir comment est-ce que nous, à notre propre niveau, en tant qu’entrepreneurs nous devons intégrer le genre dans tout le processus, en commençant par la conception d’idées à leur mise en œuvre, nous devons toujours penser à intégrer que ce soit les hommes que ce soit les femmes dans tout ce que nous faisons. Et même quand nous ciblons les bénéficiaires, nous devons être en mesure de cibler toutes les couches sociales pour permettre l’effectivité du développement’’, a expliqué Gracia Kibanja, jeune entrepreneure.
Au sujet des lois, elle a affirmé avoir appris à dénicher celles qui sont discriminatoires vis-à-vis de l’entrepreneuriat féminin. C’est aussi le cas pour Christine Ngaba, directrice de la société Swift Global Service qui assure le gardiennage, le dédouanement et le transport international. ‘’La loi d’adhésion au crédit ça bloque totalement la femme parce qu’on nous demande toujours l’autorisation maritale, le parrainage et autre. Cela ne nous facilite pas’’, a déploré Christine Ngaba.
L’entrepreneure a fait également observer que la loi congolaise en rapport avec l’entrepreneuriat féminin n’est pas non plus respectée dans toutes ses lignes.
ONU Femmes et Autorités ont des attentes
Après les séances de formation de trois jours, l’ONU Femmes espère que chacun des participants dispose désormais d’un plan qui lui permettra d’intégrer le genre dans tous les axes d’intervention. ‘’L’intégration du genre commence par nous-mêmes, dans nos familles avant de l’appliquer dans notre vie professionnelle’’, a déclaré le représentant de Awa Ndiaye Seck, représentante résidente de l’ONU Femmes en RDC.
Norbert Mweze a poursuivi que les entrepreneurs présents à la formation avaient un grand rôle à jouer dans le plaidoyer pour la reforme des textes porteurs de discrimination et la dissémination des textes et pratiques favorables à l’entreprenariat. ‘’La RDC ne saura pas se développer tant que les droits des femmes entrepreneures sont bafoués’’, a-t-il souligné.
Côté responsables de la division provinciale du genre, l’engagement à accompagner l’intégration de la dimension genre dans l’entrepreneuriat est toujours là, a fait savoir Jean Kizungu, l’un des cadres. IL espère qu’une évolution puisse avoir lieu si les matières que les entrepreneurs ont apprises ne restent pas théoriques. Il a indiqué qu’en tant qu’organe technique, la division du genre mène des plaidoyers à travers divers canaux pour la prise en compte du genre, car c’est la condition sine qua none pour arriver au développement du pays.
Frédéric Feruzi

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