La dénonciation est signée par l’Ong des droits de l’homme FIRD, active dans le territoire de Lubero. Elle déplore l’échec de la justice qui encourage les violeurs.
La zone de santé de Lubero notifie de plus en plus de cas depuis Mars 2020. La FIRD indique qu’au moins 30 cas de viols ont été commis durant le premier confinement contre la Covid-19, sur des mineures âgées de moins de 15 ans en général.
Ces cas ont été découverts lorsque les filles ont développé leurs grossesses, fait savoir Zaidel Ngolo, coordonateur de l’Ong FIRD. Semaine passée, l’Ong a enregistré 3 nouveaux cas de violences sexuelles dont celui d’une jeune fille de 16 ans de Lubero-centre qui a été chassée de sa fille après avoir dénoncé le malheur qui lui est arrivé.
La FIRD s’inquiète dans cette situation du fait que la tendance à recourir au règlement à l’amiable des cas est très répandue dans la région. ‘’Dans ce cas qui vient d’avoir lieu à Lubero-Centre, la victime a été chassée par sa famille qui espérait gagner quelque chose à travers un règlement à l’amiable. Elle a chassé l’adolescente pour tenter de lui faire pression pour qu’elle renie que le viol a eu lieu. Cette famille venait d’entrer en contact avec celle du violeur’’, témoigne-t-il au téléphone, précisant que la survivante du viol s’est réfugiée dans une famille d’accueil.
La justice mise en cause
La justice tend à être tolérante vis-à-vis des auteurs des violences sexuelles dans le territoire de Lubero, à en croire Zaidel Ngolo. ‘’La justice n’accompagne pas efficacement les victimes des violences sexuelles. Les bourreaux ne sont pas sévèrement punis, ce qui fait que les autres peuvent aussi violer’’, explique Zaidel Ngolo.
Certains violeurs sont en effet hâtivement libérés et d’autres s’évadent des prisons, en dehors du fait que plusieurs cas de viol sont réglés à l’amiable dans la communauté, fait savoir le défenseur des droits de l’homme.
L’absence de réparation pour les victimes concernant les cas qui sont rapportés à la justice constitue un autre sujet d’inquiétude pour la société civile, selon Zaidel Ngolo. ‘’Des cas comme ça sont en train de se répéter dans la communauté suite à l’indifférence de notre justice qui ne met pas les familles ou les victimes dans leurs droits…nous demandons à la justice de faire un peu de différence pour cette année 2021-2022 et les autres années car les violeurs ont déjà normalisé le viol car il n’y a pas de changement’’, dit-il.
La situation des violences sexuelles reste préoccupante au Nord-Kivu, l’une des provinces de la RDC qui fournissent le plus de cas. Depuis le début de l’année, le parlement d’enfants du Nord-Kivu a par exemple indiqué avoir enregistré 10 cas des violences sexuelles sur des enfants, rien qu’à Goma et ses territoires voisins.
Frédéric Feruzi

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