Justice transitionnelle : que faire pour faire adhérer le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda au processus ?

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L’adhésion d’ex-belligérants de deux grandes guerres de la RDC est indispensable pour la réussite du processus de justice transitionnelle. Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi gardent chez eux quelques-uns des accusés dans les crimes de masse commis dans l’Est de la RDC depuis 1996. Par ailleurs, ces Etats sont susceptibles de faire échec au processus de justice transitionnelle, car ils disposent encore des marges de manœuvres dans l’Est de la RDC, selon des observateurs avertis.

La réussite d’un processus de justice transitionnelle passe donc également par le contexte dans l’Est de la RDC et la capacité des forces de sécurité congolaise à garantir le mécanisme de justice transitionnelle. Il n’est pas exclu, dans le contexte sécuritaire qui a lieu dans la partie orientale de la RDC, que les puissances qui se sentent toucher dans leurs intérêts financent une nouvelle rébellion dont l’arrêt du processus de justice transitionnelle serait l’une des revendications. A ce niveau, il faudra donc que le gouvernement congolais joue un double jeu à titre de prévention, estime Raphael Wakenge, coordonateur national du groupe de travail sur la justice transitionnelle.

Le premier volet consiste à faire adhérer les populations congolaises au processus de justice transitionnelle qui vont donc se constituer en premier rempart. Au second volet, les autorités congolaises doivent actionner une diplomatie pour obtenir l’adhésion des pays de la sous-région des grands-lacs et d’autres cercles d’influence au niveau africain et du monde, laisse entendre l’activiste des droits de l’homme.

‘’Nous avons une nécessité d’avoir cette politique de manière à ce qu’on puisse bâtir une base solide qui la permettrait’’, a-t-il déclaré à la presse à Goma, ce 11 Aout.

Les gouvernants congolais doivent faire preuve de volonté politique !

Obtenir l’adhésion des pays voisins de l’Est, ex-belligérants dans les guerres de la RDC n’est pas chose aisée, reconnait Raphael Wakenge.

‘’Lorsqu’on a publié le rapport Mapping, il y’a certains Etats de la région notamment l’Ouganda et le Rwanda qui étaient hostiles, et la contestation continue’’, rappelle-t-il.

Les autorités congolaises doivent s’activer là-dessus, souhaite-t-il.

’’Tout va dépendre de la manière dont le Congo lui-même se prendra en charge pour toutes ces questions-là. Nous pensons que nous avons des acteurs qui peuvent faire bouger les instances internationales pour que nous puissions obtenir des mécanismes appropriés qui peuvent emmener certains auteurs des crimes en dehors du pays à venir répondre aux préoccupations’’, explique Raphael Wakenge.

Selon le rapport Mapping de l’Onu et différents autres rapports d’ONG internationales comme Human Rigth Watch, plusieurs étrangers qui se retrouvent notamment dans les pays voisins de l’Est de la RDC ont trempé dans les crimes de masse perpétrés dans l’Est du Congo.

Lors des accords entre les autorités congolaises et les belligérants à Sun-City en 2003, il était prévu que la RDC saisisse le conseil de sécurité de l’Onu pour l’établissement du tribunal pénal international devant juger les auteurs des crimes de masse (Crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crimes de génocide), mais rien n’a été fait.

Près de 20 ans après, c’est plutôt le prix Nobel congolais de la paix, le docteur Denis Mukwege qui remet le dossier sur la table. À travers ses multiples plaidoyers, Il espère voir le tribunal pénal international pour Congo voir enfin le jour grâce au processus de justice transitionnelle.   

Frédéric Feruzi  

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