Infrastructures à Goma : réhabiliter la route de la vision 20-20 ou simplement tenir compte de l’environnement prochainement ?

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Par Frédéric Feruzi

Le gouvernement provincial du Nord-Kivu a lancé jeudi la réhabilitation des tronçons où les eaux stagnantes causent des destructions sur les nouvelles routes de Goma, dans plusieurs endroits de la ville. Mais les victimes et les environnementalistes croient que ce n’est pas du tout suffisant !

Après avoir dénoncé à plusieurs reprises dans les médias les dégâts des eaux stagnées sur différents endroits de nouvelles routes, dans leurs maisons, les victimes en sont venues à rédiger un mémorandum aux autorités, le 19 janvier dernier. Il s’agit notamment des habitants du pan sud du bar dit ‘Vision 2020’, à Ngangi II, à la limite avec le quartier Majengo.

7 de plus de 100 ménages dont les habitations sont régulièrement inondées à chaque pluie ont dû déménager. Les dégâts des eaux stagnantes sont également des embouteillages, des accidents, l’endommagement des dépôts des vivres riverains et le risque de propagation des maladies d’origine hydrique, et cela depuis 2017, l’année d’achèvement des travaux d’asphaltage de la route, rappelle le mémorandum.

Dans ce document, la centaine des victimes s’est interrogée sur le niveau de respect des principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement, lors des travaux d’asphaltage du tronçon Majengo-Buhene. Il s’agit d’une interpellation des autorités qui croient répondre, depuis ces dernières années, au besoin des routes asphaltées exprimé de différentes manières à Goma entre 2010 et 2016.

Les principes environnementaux n’ont pas été respectés, soutient la société civile

Goma, qui n’a pas été créé pour devenir une ville dès le départ, doit tenir compte des principes environnementaux dans ses efforts d’urbanisation, souhaite le vice-président national de la société civile, forces vives et ancien président de la société civile du Nord-Kivu.

Thomas d’Aquin Mwiti qui est aussi environnementaliste à l’ONG REID félicite ceux qui ont contribué pour que la ville dispose aujourd’hui d’un réseau routier asphalté et développé. L’activiste de la société civile fait toutefois, à son tour, observé les failles qui mettent en évidence les erreurs architecturales qui ont fait fi des principes environnementaux de sorte que l’on assiste à des dégâts inimaginables, à chaque pluie à Goma.

‘’Comment le lac Kahongya, on a construit la route, mais le lac continue à produire ses effets à Afya Bora, puis que la canalisation des eaux n’a pas suivi. Et ça, c’est un problème…on n’a pas détruit le lac, le lac est étouffé quelque part et quand il pleut le lac essaie d’éparpiller ses eaux, et là j’ai trouvé même une fille qui voulait se noyer, j’ai trouvé une Land-Cruzer qui est tombé dans le canal, puisque l’eau n’est pas évacuée’’, explique Thomas D’Aquin.

Le vice-président de la société civile cite également le cas de l’entrée du bureau de l’assemblée provinciale à Himbi qui a été difficilement résolu. Il évoque celui du rond-point de l’abattoir à Kituku et tant d’autres dans la ville.

Thomas d’Aquin fait observer que la nature est têtue et qu’elle arrive à se venger quand l’on n’en tient pas compte dans les activités. Il interpelle entre autres les autorités dans leurs efforts de la reconstruction de la voirie urbaine de Goma. ‘’Pour l’instant, ce qui doit être fait, c’est l’État qui a le pouvoir de dire, ici je dois ouvrir une canalisation pour évacuer les eaux de pluie. Et donc, vous qui êtes ici, je vous emmène quelque part, avec une indemnisation conséquente, en disant j’emmène ces gens-là quelque part et non pas seulement vendre les parcelles de l’État pour s’enrichir !’’, déclare Thomas d’Aquin.

Devant la presse ce jeudi 11 mars, Patient Bembeleza, le commissaire général intérimaire en charge de la reconstruction, déployé par le gouverneur, a annoncé l’assainissement et la canalisation des tronçons des routes de Goma où stagnent des eaux à chaque pluie causant des dégâts énormes. C’est l’entreprise ‘Simba Construction’ qui exécute les travaux. Les autorités lui accordent 30 jours pour les achever.

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