La Belgique est rattrapée par son Histoire à la suite du mouvement Blanck Lives Matter (Les vies des Noirs comptent) qui a mis en avant le lien entre racisme et colonisation.
Selon les milieux officiels, alors que les statues de Léopold II sont vandalisées ou déboulonnées, tous les partis politiques sont à présent prêts à rouvrir le délicat dossier des violences raciales pendant la colonisation, en vue de préparer le terrain pour la présentation des excuses aux Congolais.
Ainsi, le président de la Chambre, Patrick Dewael, va soumettre mercredi aux groupes politiques le principe de la tenue d’une «Commission Vérité et Réconciliation», dans l’optique de préparer la Belgique à se réconcilier avec son passé colonial.
Pour le président du Parti socialiste belge (PS), Paul Magnette, interrogé par Le Soir, «Il y a un travail de mémoire par rapport au Congo, notamment sur l’assassinat de Lumumba et en approfondissant autour de la personnalité de Léopold II».
«Sur la base des travaux historiques existants, une commission parlementaire pourrait faire ce travail. C’est le bon moment, d’autant que tous les travaux historiques existent, que le mouvement Blanck Lives Matter est international et que va sortir un film, ‘Les Fantômes du roi Léopold II’ sur les crimes au Congo».
La question autour de laquelle il reste à réunir le chorum est celle de savoir si la Belgique doit présenter des excuses au Congo pour la part sombre de sa colonisation. La réponse est venue de Maxime Prévot, membre de la Chambre et président du parti humaniste CDH : «Notre pays a son histoire, avec ses périodes glorieuses et aussi ses parts d’ombre. Assumer, et savoir s’excuser. C’est le moment», a-t-il tweeté.
Dans ce cadre, il existe des précédents en Belgique. Le président du parti socialiste et son collègue du Mouvement réformateur (MR), Georges-Louis Bouchez, ont rappelé à cet effet que Louis Michel, alors Premier ministre, avait présenté ses excuses au Collectif des enfants métis, retirés à leurs mères et pour le rôle de la Belgique dans la mort de Lumumba.
« Des crimes ont été commis au nom de la colonisation. C’est un fait pour lequel nous devons collectivement assumer une responsabilité historique », reconnaît pour sa part l’ancien président du PS Elio di Rupo dans une déclaration au quotidien belge.
En 2019, le groupe des experts des Nations unies, à l’issue d’un séjour de travail à Bruxelles, avaient fustigé le « mur de silence sur la colonisation », avant de recommander que la Belgique puisse officiellement présenter ses excuses au Congo pour les nombreuses violations des droits de l’homme qui ont émaillé cette période. ACP

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