Le ministre des Droits humains de la République démocratique du Congo, Samuel Mbemba Kabuya, a rencontré jeudi 26 février la diaspora congolaise à l’ambassade de la RDC à Ottawa afin de mobiliser un soutien international face à la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
Selon la publication du ministère, cette rencontre s’inscrit dans une offensive diplomatique visant à sensibiliser l’opinion internationale sur la situation dans les zones sous occupation et à préparer le lancement d’une série d’activités de grande envergure destinées à obtenir la reconnaissance des génocides commis contre les populations congolaises.
Au cours des échanges, le ministre a présenté le rapport du gouvernement sur l’état des droits humains dans les villes de Goma, Bukavu et leurs environs, évoquant notamment plus de 17 000 cas d’atteintes à la vie et à l’intégrité physique enregistrés en une année d’occupation.
« Le silence, dans le cas de la RDC, n’est pas synonyme de neutralité mais de complicité », a déclaré Samuel Mbemba devant les membres de la diaspora, les appelant à jouer « un rôle actif dans la défense de la cause de la RDC à l’international ».
Il a également exhorté la communauté congolaise au Canada à soutenir les efforts entrepris par le président Félix Tshisekedi et le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
En marge du segment de haut niveau du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui s’est clôturé le 25 mars à Genève, le ministre a présenté aux médias internationaux accrédités auprès des Nations Unies le rapport publié le 21 février 2026 sur les exactions attribuées au Rwanda et à ses alliés du M23 dans l’Est de la RDC.
Samuel Mbemba a appelé la communauté internationale à adopter des sanctions contre le président rwandais Paul Kagame, accusant Kigali de soutenir l’occupation de territoires congolais.
« Ce qui se passe aujourd’hui dépasse l’entendement. La communauté internationale doit agir », a-t-il affirmé.
Parmi les données mises en avant par le ministère figurent :
- Une femme violée toutes les quatre minutes, selon le rapport.
- 17 015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique documentées en douze mois.
- Environ 7 millions de déplacés forcés à travers le pays.
Le ministre a également dénoncé des pillages systématiques de minerais au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, citant en particulier les mines de Rubaya, où, selon lui, 30 000 exploitants artisanaux seraient contraints de produire chacun trois kilogrammes de coltan par jour au profit des forces d’occupation.
D’après les estimations avancées par le ministère, ce système représenterait un manque à gagner de plus de deux milliards de dollars par an pour la RDC sur le seul site de Rubaya.
Les autorités rwandaises n’avaient pas réagi dans l’immédiat à ces accusations. Kigali a, par le passé, rejeté toute implication directe dans le conflit à l’Est de la RDC.
La rédaction





