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RDC : le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi ouvre le débat sur la refondation de l’État

En RDC, le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État doit réunir les forces politiques autour de mesures de confiance, réconciliation et réformes, alors que Kinshasa cherche une issue à la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays.

L’annonce du chef de l’État est présentée comme une nouvelle étape dans la recherche d’une solution politique à la crise que traverse la République démocratique du Congo. Au-delà de l’appellation retenue, le débat porte désormais sur le contenu concret de cette initiative et sur les conditions de sa mise en œuvre.

Pour Lambert Mende, l’une des principales attentes exprimées par l’opposition concerne les mesures de confiance destinées à détendre l’atmosphère politique et à créer les conditions nécessaires à des échanges ouverts.

« Des mesures de confiance pour détendre un peu l’atmosphère et permettre à ce que le dialogue se fasse dans un climat apaisé, et que tout le monde puisse dire ce qu’il a à dire », explique-t-il.

Le nouveau nom retenu, « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », suscite toutefois une interrogation centrale : que recouvre exactement la notion de refondation de l’État ?

Selon Lambert Mende, cette démarche ne signifierait pas nécessairement une modification de l’architecture institutionnelle, puisque le président de la République a indiqué qu’elle ne devrait pas être remise en cause. La refondation pourrait plutôt concerner la gouvernance, les mentalités, la réconciliation nationale et les réformes nécessaires au fonctionnement de l’État.

Dans cette perspective, plusieurs mécanismes pourraient être envisagés, notamment la justice, la vérité, la réconciliation et la réparation des victimes des différentes crises ayant marqué le pays.

« Vérité, réconciliation, réparation. Je crois que, si on suit cette trajectoire, ça pourrait permettre aux Congolais de commencer à vivre ensemble, de consolider la cohésion nationale et d’emmener le pays vers le développement », estime-t-il.

La question des réformes structurelles figure également parmi les enjeux évoqués. Elles pourraient notamment concerner les institutions chargées de la défense et de la sécurité nationale, alors que la RDC reste confrontée à des menaces armées dans sa partie orientale.

Pour Lambert Mende, la consolidation de la défense nationale doit permettre au pays de mieux faire face aux éventuelles agressions extérieures. Il estime également que la cohésion nationale doit constituer l’un des principaux piliers de cette démarche.

L’ancien ministre relève par ailleurs que les processus engagés à Doha, à Washington et précédemment à Luanda ne devraient pas être considérés comme des démarches isolées. Selon lui, ces initiatives doivent contribuer à soutenir le processus politique mené à Kinshasa.

La participation des acteurs présents dans les zones échappant au contrôle des autorités nationales demeure cependant l’une des grandes interrogations. La situation de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, toutes deux situées dans l’est de la RDC, pose notamment la question de la manière dont les consultations annoncées pourront être organisées dans ces espaces.

Le chef de l’État a annoncé des consultations dans les provinces et dans plusieurs grandes villes de l’est du pays. Reste donc à savoir comment cette démarche sera concrètement appliquée dans les territoires actuellement sous le contrôle de l’AFC-M23 et comment les différentes sensibilités politiques et sociales pourront y être représentées.

Pour Lambert Mende, les groupes ayant choisi la voie des armes doivent néanmoins être ramenés dans le processus démocratique. Il considère que les revendications politiques doivent être exprimées par le dialogue plutôt que par la force.

« Ceux qui n’ont pas su gagner par des voies démocratiques, il faut ramener tout le monde à des voies démocratiques », affirme-t-il.

Cette orientation intervient alors que la RDC fait face depuis plusieurs décennies à des cycles de violences et de conflits dans sa partie orientale, particulièrement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. La persistance de l’insécurité, les déplacements de populations et la perte de contrôle de certaines zones ont profondément affecté la cohésion nationale.

Le dialogue annoncé par Kinshasa devra ainsi répondre à une double exigence : créer un espace politique suffisamment inclusif pour permettre aux différentes parties de s’exprimer et définir des réformes capables de renforcer durablement l’État congolais, sa sécurité et son unité nationale.

 

La rédaction

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