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Mambasa à bout : Face aux ADF, la société civile coupe le robinet fiscal et paralyse les activités ce 12 août 2026

Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, retient son souffle. Entre l’ombre des ADF et le silence des services de sécurité, la population n’en peut plus. Le 9 août 2026, les forces vives ont tenu une assemblée générale extraordinaire. Le verdict est tombé : il faut frapper là où l’État sent, dans les caisses.

Depuis des mois, le phénomène ADF s’installe et se durcit dans plusieurs localités de Mambasa. Tueries ciblées, pillages de boutiques et de champs, enlèvements de civils devenus monnaie courante. Les routes secondaires sont devenues des pièges et les marchés vivent au rythme des rumeurs d’incursions.

À cette violence s’ajoute un autre malaise dénoncé par les habitants : l’opacité des services de sécurité. Peu de communication, peu de résultats visibles sur le terrain, et un sentiment grandissant d’abandon. Pour beaucoup, l’État est présent pour prélever les taxes, mais absent quand il faut protéger.

C’est dans ce contexte que la société civile locale a décidé de passer à la vitesse supérieure. Son objectif est clair : stimuler l’État congolais à assumer pleinement ses responsabilités régaliennes. Ne plus supplier, mais contraindre par des actions concrètes.

La première mesure annoncée est un acte fort : l’incivisme fiscal. Pendant 6 mois, les opérateurs économiques et les contribuables de Mambasa sont appelés à suspendre le paiement des taxes et impôts locaux. Un bras de fer fiscal pour exiger une réponse sécuritaire à la hauteur de la menace.

La seconde mesure tombe dès cette semaine. Une journée « ville morte » est décrétée pour ce mercredi 12 août 2026. Boutiques fermées, activités suspendues, rues désertées, un signal pour dire que Mambasa ne fonctionnera plus normalement tant que la peur règne.

Le coordonnateur de la société civile, Mugenyi Yuma Imurani, a justifié cette décision au sortir de l’assemblée. Sa position ne souffre d’aucune ambiguïté : « la suppression de l’incivisme fiscal sera levée quand l’état Congolais va intensifier des opérations contre ces ADF ».

C’est une déclaration faite ce 10 août 2026, un jour après les échanges houleux entre les différentes composantes de la société civile. L’assemblée du 9 août a réuni jeunes, femmes, confessions religieuses et acteurs économiques. Tous ont dressé le même constat : la dégradation de la situation sécuritaire dépasse désormais le seuil de tolérance. L’ADF tue, pille, kidnappe, et la vie s’organise au jour le jour.

Pour la société civile, il ne s’agit pas de défier l’État, mais de le rappeler à l’ordre. L’incivisme fiscal est présenté comme un dernier recours citoyen, un moyen de pression non violent pour obtenir des patrouilles renforcées, du renseignement et une présence militaire plus dissuasive.

Le pari est risqué. En paralysant les recettes locales, Mambasa prive aussi ses propres services de moyens. Mais pour les forces vives, le calcul est simple : sans sécurité, aucun développement n’est possible. Mieux vaut un choc maintenant que la lente agonie.

Mercredi 12 août sera donc un test. Si la ville répond massivement à l’appel, le message arrivera jusqu’à Kinshasa. En attendant, Mambasa choisit de se taire pour se faire entendre. Et de fermer ses portes pour qu’enfin, l’État ouvre les yeux.

*Réaction des autorités : l’appel au dialogue*

Du côté de l’administration, le message ne passe pas. L’administrateur policier du territoire a réagi à l’annonce : « Au lieu de décréter l’incivisme fiscal et la ville morte, la société civile allait venir voir des autorités pour étudier des modalités de notre sécurité ensemble ».

Pour lui, la confrontation risque d’aggraver la situation au lieu de la résoudre. Il privilégie la concertation plutôt que la rupture.

Nickson Manzekele

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