Une question orale avec débat sur l’exonération de produits pétroliers accordée dans le cadre de la route Mbuji-Mayi–Nguba sera examinée à l’Assemblée nationale, à Kinshasa, après l’initiative du député Patrick Munyomo, qui demande des explications au directeur général de l’APCSC sur ce dossier.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, le député national Patrick Munyomo Basilwango sollicite l’inscription à l’ordre du jour d’une question orale avec débat destinée au directeur général de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC), Freddy Yodi Shembo.
L’initiative porte notamment sur la validation par l’APCSC de l’exonération accordée à des sous-traitants pour l’importation de produits pétroliers destinés au projet de réhabilitation et de modernisation de la route nationale numéro 1, sur l’axe Mbuji-Mayi–Nguba.
Selon les éléments contenus dans la correspondance parlementaire, l’exonération concerne un volume de 100 millions de litres de produits pétroliers. Le député demande que le responsable de l’APCSC fournisse aux élus des explications sur les procédures ayant conduit à cette exonération, ainsi que sur l’utilisation et la destination des produits concernés.
Le dossier est également suivi par l’Inspection générale des finances (IGF), qui cherche à établir le circuit administratif ayant permis la reconnaissance d’Ultimate Oil & Gas RDC comme sous-traitant de la Société d’Infrastructures Sino-Congolaises (SISC) pour ce chantier. Dans une correspondance du 9 septembre 2026, l’IGF avait demandé à l’APCSC de produire plusieurs documents liés à cette reconnaissance.
La question du montant constitue également un point de débat. La correspondance de Patrick Munyomo évoque un manque à gagner de plus de 80 millions de dollars américains pour l’État. Toutefois, d’autres éléments rendus publics dans le cadre du dossier distinguent la valeur des produits concernés, estimée entre 80 et 110 millions de dollars, du manque à gagner fiscal potentiel, évalué dans certaines sources entre 25 et 35 millions de dollars. Ces montants restent donc à clarifier officiellement.
Le député national élu de la circonscription électorale de la ville de Goma estime que les explications attendues devant la représentation nationale doivent permettre d’établir les responsabilités administratives et de clarifier les conditions dans lesquelles cette exonération a été accordée.
Dans sa démarche, Patrick Munyomo demande ainsi au président de l’Assemblée nationale d’inscrire cette question parmi les points à examiner lors des prochaines séances plénières, invoquant le caractère urgent du dossier.
Le directeur général de l’APCSC, Freddy Yodi Shembo, est donc attendu pour apporter des précisions sur le rôle joué par son agence dans la reconnaissance du sous-traitant et dans la procédure ayant conduit à l’exonération des produits pétroliers.
Le chantier concerné porte sur la RN1 Mbuji-Mayi–Nguba, un axe d’environ 846 kilomètres reliant le Kasaï-Oriental aux provinces situées plus au sud-ouest de la République démocratique du Congo. Le projet, inscrit au Programme Sino-Congolais, dispose d’un budget contractuel annoncé à environ 326 millions de dollars pour la période 2024-2025, tandis que les travaux ont été officiellement lancés le mercredi 10 juillet 2024 à Lualaba.
Au 23 septembre 2025, les données publiées par l’APCSC faisaient état de 139,26 millions de dollars facturés et de 125,06 millions de dollars payés, pour un taux de paiement de 38 % du montant contractuel. Le projet traverse notamment le Kasaï-Oriental, la Lomami, le Haut-Lomami et le Lualaba.
Depuis février 2026, l’IGF mène par ailleurs une mission de contrôle sur les importations de produits pétroliers dans la zone sud, avec un intérêt particulier pour les opérations réalisées en franchise dans le cadre de ce chantier. Le dossier devra désormais être expliqué devant les députés nationaux.
Elisé Kant

0 Comments