La Belgique a accueilli « très favorablement » la mission humanitaire menée la semaine dernière par la commissaire européenne à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, dans la région des Grands Lacs, affirmant que sa rencontre à Goma avec le chef de l’AFC_M23 ne légitimait « en aucun cas » ce mouvement armé soutenu par Kigali.
La mission effectuée à Goma « ne légitime en aucun cas le M23 », a déclaré lundi 23 février le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, cité par l’agence Belga, dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo.
« J’avais appelé en janvier à un engagement plus fort et plus concret de l’Union européenne pour apporter de l’aide humanitaire à la population de l’est de la RDC », a rappelé le chef de la diplomatie belge.
Au cours de sa tournée régionale, Hadja Lahbib s’est entretenue à Kinshasa avec le président Félix Tshisekedi, puis à Kigali avec le président rwandais Paul Kagame. Elle s’est ensuite rendue vendredi à Goma, où elle a rencontré des représentants du M23, dont le chef de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale congolaise.
Cette étape à Goma, ville stratégique du Nord-Kivu passée sous le contrôle du M23 depuis un an, a suscité des interrogations sur la portée politique de ces échanges.
« La rencontre avec des responsables du M23 ne signifie en aucun cas que l’UE légitime cette rébellion », a insisté Maxime Prévot. « La Commissaire intervient dans le cadre d’un mandat purement humanitaire, qui implique de parler avec toutes les parties pour garantir l’ouverture de corridors et l’acheminement de l’aide. Les responsables du M23 restent sous sanctions européennes », a-t-il souligné.
L’Union européenne classe en effet le M23 parmi les groupes visés par des mesures restrictives, dans un contexte où Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement cette rébellion, ce que Kigali dément.
De son côté, Hadja Lahbib a déclaré lundi avoir obtenu des engagements de l’ensemble des parties rencontrées afin de sécuriser des couloirs humanitaires dans les zones affectées par les combats. Elle a également indiqué que des discussions avaient débuté dimanche en vue de la réouverture, à des fins humanitaires, de l’aéroport de Goma, infrastructure clé pour l’acheminement de l’aide internationale.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure volatile, marquée par des affrontements récurrents entre les forces armées congolaises et l’AFC/M23, sur fond de rivalités régionales et de crise humanitaire persistante. Les Nations unies estiment que plusieurs millions de personnes restent déplacées dans la région.
Pour Bruxelles, l’enjeu est de renforcer l’accès humanitaire sans être perçu comme accordant une reconnaissance politique au mouvement armé. « L’objectif est clair : protéger les civils et faciliter l’assistance », a résumé une source diplomatique européenne, soulignant que les contacts établis s’inscrivent « strictement dans un cadre opérationnel humanitaire ».
La rédaction










