Marie-Ange Mushobekwa a contesté, lundi 7 septembre 2026 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, la condamnation à mort de Joseph Kabila, tout en réaffirmant les exigences du FCC avant sa participation au dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi, selon ses déclarations.
Concernant la condamnation à mort de Joseph Kabila, Marie-Ange Mushobekwa a qualifié la sanction d’injuste et exprimé l’espoir qu’elle soit corrigée. Interrogée sur la présence de l’ancien chef de l’État à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, elle a défendu sa présence dans cette partie du pays.
Selon elle, le Nord-Kivu reste une province de la République démocratique du Congo. Elle a estimé que Joseph Kabila, qu’elle affirme être persécuté par les autorités de Kinshasa, ne pouvait pas se rendre dans les territoires actuellement contrôlés par le gouvernement.
Marie-Ange Mushobekwa a également réaffirmé que Joseph Kabila n’appartient pas à l’AFC/M23. Elle a renvoyé aux communiqués du Front commun pour le Congo qui condamnent, selon elle, l’occupation d’une partie du territoire national et réclament le retrait des troupes étrangères de la RDC.
La responsable du FCC a ainsi maintenu la position de sa plateforme sur le dossier sécuritaire et politique qui touche particulièrement l’est du pays. Goma, située dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC et à proximité de la frontière avec le Rwanda, demeure l’une des principales villes concernées par la crise sécuritaire dans cette région.
Sur le dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi, Marie-Ange Mushobekwa a indiqué que le FCC ne participera pas aux discussions tant que plusieurs conditions ne seront pas réunies. La plateforme exige notamment la libération des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que l’arrêt des persécutions dénoncées contre les opposants, les journalistes et les défenseurs des droits humains.
Le FCC demande également que le dialogue soit organisé dans un pays tiers afin de garantir la sécurité des participants, parmi lesquels Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Marie-Ange Mushobekwa souhaite aussi la mise en place d’une médiation neutre et indépendante avec l’appui de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations unies.
Elle réclame en outre un dialogue véritablement inclusif, capable d’examiner les causes profondes de la crise congolaise. Les résolutions issues de ces discussions devraient, selon elle, être contraignantes. Elle propose également un mécanisme international de suivi inspiré du Comité international d’accompagnement de la transition, le CIAT, qui avait accompagné la transition politique congolaise à partir de 2003.
Marie-Ange Mushobekwa a par ailleurs critiqué le procès de Joseph Kabila devant la Haute Cour militaire. Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une violation du principe du contradictoire et de l’équité du procès, qu’elle estime garantis par les textes juridiques congolais.
Elle a notamment contesté la levée de l’immunité sénatoriale de Joseph Kabila, qu’elle juge contraire au règlement intérieur du Sénat. Elle a également relevé que l’ancien président n’aurait pas été entendu au cours de la procédure et a mis en doute certains éléments présentés par le ministère public, notamment ceux provenant des réseaux sociaux.
Interrogée sur son appartenance au FCC alors que Joseph Kabila, qui préside cette plateforme, a été condamné à mort par la justice congolaise pour complicité avec une rébellion et sanctionné par les autorités américaines pour les mêmes motifs, Marie-Ange Mushobekwa a assumé son choix politique.
Elle a rappelé avoir participé à la rédaction de la charte du FCC et avoir choisi de rester au sein de cette plateforme après la rupture avec le CACH en 2020. Elle a affirmé qu’elle ferait le même choix si elle devait recommencer, présentant le FCC comme une plateforme républicaine et démocratique.
Marie-Ange Mushobekwa a également défendu Joseph Kabila comme « un homme de paix », affirmant qu’il n’appartient, selon elle, à aucun mouvement armé. Elle a rappelé que le cabinet de l’ancien président avait démenti à plusieurs reprises tout lien avec l’AFC/M23.
Concernant le fonctionnement actuel du FCC, elle a affirmé que la plateforme reste active et que son bureau politique continue de fonctionner normalement, malgré l’absence de plus de la moitié de ses cadres pour des raisons de sécurité.
Elle a aussi dénoncé la détention de plusieurs cadres du FCC, qu’elle qualifie d’illégale et tenue au secret. Elle a notamment cité Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et d’autres membres détenus dans différentes provinces de la RDC.
Selon elle, le FCC poursuit une résistance pacifique contre ce qu’elle qualifie de dérive dictatoriale et de pensée unique. Elle a également évoqué les liens entre le FCC et la plateforme Sauvons la RDC, toutes deux présidées par Joseph Kabila.
Ces déclarations interviennent alors que la RDC reste confrontée à une crise sécuritaire et politique majeure. Le débat sur le dialogue national intervient notamment dans un contexte de fortes tensions dans l’est du pays, où l’AFC/M23 contrôle plusieurs zones, tandis que Kinshasa continue de défendre l’intégrité territoriale de la RDC.
Le débat autour de Joseph Kabila intervient également après son départ du pouvoir en janvier 2019, à la suite de l’élection présidentielle de décembre 2018 remportée par Félix Tshisekedi. La rupture entre le FCC et le CACH en 2020 avait ensuite profondément modifié les rapports politiques entre les deux camps. En septembre 2026, les conditions posées par le FCC restent donc au centre des discussions sur une éventuelle participation au dialogue national.
Elisé Kant

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