L’opposant congolais Delly Sesanga a plaidé mercredi 2 septembre 2026 à Kinshasa pour l’inclusion de l’AFC/M23 au Dialogue national, estimant que sa présence serait nécessaire pour parvenir à une solution pacifique et négociée, alors que le débat sur le format des discussions s’intensifie en République démocratique du Congo.
« Si nous disons qu’il faut inclure l’AFC/M23, cela ne signifie pas que nous plaidons en leur faveur. Nous parlons de la situation telle qu’elle se présente. Ce n’est pas une faveur. Si nous voulons une situation pacifique et négocier, il faut qu’ils soient autour de la table. En revanche, si nous voulons poursuivre une solution armée par la guerre, nous pouvons le faire sans eux », a déclaré Delly Sesanga.
À travers cette prise de position, l’opposant congolais défend une approche fondée sur la recherche d’un règlement politique de la crise sécuritaire qui affecte particulièrement l’est de la RDC. Pour lui, la participation de l’AFC/M23 devrait être considérée comme un élément lié à la réalité du rapport de forces et non comme un geste de soutien à ce mouvement.
Delly Sesanga établit ainsi une distinction entre l’inclusion dans un processus politique et l’adhésion aux revendications portées par l’AFC/M23. Selon son raisonnement, une négociation visant à mettre fin aux affrontements devrait réunir les principales parties concernées par la crise, afin de permettre des échanges directs et de rechercher des engagements susceptibles de conduire à une paix durable.
À l’inverse, l’homme politique estime que le choix d’une poursuite des opérations militaires rendrait inutile la présence de l’AFC/M23 à la table des discussions. Cette position place donc la question de la participation de cette plateforme politico-militaire parmi les principaux points susceptibles d’alimenter les débats sur l’organisation du futur Dialogue national.
La question de l’ouverture de ce dialogue intervient alors que les autorités congolaises multiplient les consultations sur les modalités d’un processus politique destiné à répondre aux différentes crises que traverse le pays. À Kinshasa, les discussions portent notamment sur les acteurs à associer, les thèmes à inscrire à l’ordre du jour et les garanties devant encadrer les échanges.
L’AFC/M23 exerce par ailleurs une influence dans plusieurs zones de l’est de la RDC, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’est du pays, près des frontières avec le Rwanda et l’Ouganda. Cette réalité sécuritaire explique en partie les divergences politiques autour de sa participation à un éventuel processus national.
Le 2 septembre 2026, Delly Sesanga a donc appelé à regarder la situation politique et sécuritaire telle qu’elle se présente, en privilégiant, si l’objectif demeure la paix, une négociation réunissant les parties directement concernées. Son intervention relance ainsi le débat sur le format, les participants et les objectifs du Dialogue national annoncé à Kinshasa.
Elisé KANT

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