Kindu: les habitants de Kamalondo dénoncent l’absence de la police face à une insécurité croissante

 À Kindu, les habitants de Kamalondo dénoncent l’absence de la police face à une insécurité croissante

Les habitants du quartier Kamalondo, situé à Samba, au PK 250 de la ville de Kindu dans le territoire de Kasongo (province du Maniema, centre-est de la République démocratique du Congo), tirent la sonnette d’alarme face à la montée de l’insécurité, attribuée à l’absence de postes de police et à l’action croissante de bandes armées locales.

« Nous fustigeons l’absence des postes de la PNC dans le quartier Kamalondo, où des jeunes délinquants, organisés en associations à la solde des acteurs politiques bien identifiés, s’adonnent à des exactions multiformes, allant jusqu’à des atteintes à l’intégrité physique des pauvres habitants, principalement des jeunes femmes », a déclaré Salumu Penekekole, chef de groupement Kavungu, lors d’un point de presse tenu mercredi.

Selon lui, ces groupes violents agissent en toute impunité, volant téléphones portables, bijoux et autres biens de valeur, sans réaction des forces de l’ordre. Les victimes, en majorité des femmes et des jeunes, sont souvent agressées en pleine rue ou dans leurs domiciles, parfois sous la menace d’armes à feu.

Le phénomène de banditisme à mains armées est devenu quasi quotidien, selon les témoignages recueillis sur place.

« Il ne passe pas une nuit sans que des hommes porteurs d’armes à feu, non autrement identifiés, ne visitent des maisons des pauvres citoyens, qui ne connaissent plus dans quel saint se vouer », a poursuivi M. Penekekole, visiblement préoccupé par la situation.

Les autorités locales et provinciales sont critiquées pour leur inertie face à une situation sécuritaire qui, selon plusieurs témoins, s’aggrave de jour en jour.

Le quartier Kamalondo, enclave périphérique de Kindu, ne dispose actuellement d’aucun poste de la Police nationale congolaise (PNC), laissant ainsi un vide sécuritaire exploité par des groupes violents.

Dans son plaidoyer, le chef de groupement Kavungu appelle à une intervention urgente du pouvoir public, tant au niveau provincial que national, pour renforcer la sécurité dans la zone.

« Il est grand temps que les autorités prennent leurs responsabilités sociétales en ajoutant des postes de police pour mettre un terme à la délinquance juvénile et sénile, mais aussi au phénomène de banditisme armé qui trouble la quiétude de la population », a-t-il insisté.

Les habitants de Kamalondo demandent non seulement une présence policière accrue, mais également des actions ciblées de désarmement, la dissolution des groupes violents et une enquête indépendante sur les acteurs politiques soupçonnés de manipulation et d’instrumentalisation de ces jeunes.

La situation à Kamalondo n’est pas isolée. Plusieurs territoires reculés du Maniema et d’autres provinces du centre-est de la RDC sont confrontés à une absence chronique des services de sécurité, laissant les populations locales livrées à elles-mêmes face à la montée du banditisme.

La Rédaction