Les Journées Portes Ouvertes organisées au Centre de Rattrapage Scolaire (CRS) de Kadutu, dans la ville de Bukavu, le 13 février 2026, ont servi de vitrine aux réalisations du projet Back to Learning II (B2L II). Mais au-delà de la célébration des acquis, les discussions ont surtout mis en lumière un enjeu majeur : la pérennisation des actions en faveur des enfants déscolarisés.
Mis en œuvre par War Child Canada pour la période 2024–2026 à Bukavu et Uvira, le projet vise à offrir une seconde chance scolaire aux enfants âgés de 9 à 16 ans exclus du système éducatif formel. À travers les Centres de Rattrapage Scolaire, ces derniers bénéficient d’un encadrement adapté, combinant apprentissage accéléré, accompagnement psychosocial et protection.
Si les résultats présentés lors de cette journée sont encourageants, la question de la durabilité demeure préoccupante. L’approche d’Enseignement Interactif par la Radio (EIR), reconnue pour son efficacité pédagogique, exige des ressources matérielles et financières importantes.
Comme l’a souligné la coordination du projet :« Le principal défi reste la durabilité de l’approche EIR. Sa mise en œuvre dans les Centres de Rattrapage Scolaire nécessite des moyens importants, notamment pour l’acquisition du matériel pédagogique comme les radios, les clés USB et les supports audio utilisés pendant les leçons. »
À cette contrainte s’ajoute la situation des éducateurs, qui ne sont pas mécanisés et dont la rémunération dépend largement des financements des partenaires. Une réalité qui soulève des interrogations quant à la continuité du programme à long terme.
Les autorités éducatives présentes ont salué l’impact du projet sur les enfants issus de familles vulnérables, tout en reconnaissant la nécessité d’un engagement accru des pouvoirs publics. Des recommandations ont été formulées pour intégrer l’approche EIR dans le programme national de l’éducation et envisager une prise en charge progressive des encadreurs par l’État congolais.
Ainsi, ces Journées Portes Ouvertes n’ont pas seulement permis de présenter des performances scolaires et des témoignages inspirants. Elles ont également ouvert un débat essentiel sur la responsabilité collective État, partenaires et acteurs éducatifs dans la consolidation des initiatives visant à lutter durablement contre le décrochage scolaire au Sud-Kivu.
Rédaction










