Le Tribunal militaire de garnison de Goma, en audience foraine à Walikale-centre, a rendu son verdict dans l’affaire impliquant dix militaires des FARDC poursuivis pour plusieurs infractions commises dans le cadre des opérations militaires au Nord-Kivu.
Le jugement a été prononcé mardi 1er septembre 2026. Les prévenus, tous membres du 3415ᵉ régiment, ont été condamnés à des peines allant de dix mois de servitude pénale principale à la peine de mort.
Deux militaires ont été condamnés à la peine capitale pour l’assassinat du capitaine Musanga Bebeto, leur commandant compagnie. Ils ont également été reconnus coupables de participation criminelle et de dissipation de munitions de guerre.
Trois autres militaires ont écopé de dix ans de servitude pénale principale. Cinq autres ont été condamnés à dix mois de servitude pénale principale pour dissipation de munitions de guerre, avec bénéfice de larges circonstances atténuantes.
Les faits à l’origine de cette procédure judiciaire remontent au 30 octobre 2025, dans le village de Lukole, en territoire de Masisi.
D’après les éléments présentés par l’accusation, les militaires concernés avaient ouvert le feu sur leur propre commandant, le capitaine Musanga Bebeto, alors que leur unité était engagée dans des opérations contre les rebelles de l’AFC/M23, que les autorités congolaises accusent d’être soutenus par le Rwanda.
Après la mort de leur chef, les militaires auraient continué à tirer plusieurs coups de feu en l’air, occasionnant ainsi une importante consommation de munitions de guerre. Ces faits ont notamment conduit à leur poursuite pour dissipation de munitions, en plus des accusations d’assassinat et de lâcheté.
En plus des peines privatives de liberté, le tribunal a condamné solidairement les militaires Seleko Mbele Jubilet, Kongo Byemba, Bwana Bisele et Guy Bashomba à payer 50 000 dollars américains à la partie civile à titre de dommages et intérêts.
Ce verdict intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu au Nord-Kivu. Les unités des FARDC, appuyées par des forces alliées et des groupes locaux, restent engagées sur plusieurs fronts face à l’AFC/M23, tandis que les juridictions militaires poursuivent les auteurs présumés d’infractions commises au sein des forces armées.
Cette décision judiciaire rappelle également la volonté des autorités militaires de sanctionner les actes de désobéissance, les violences commises au sein de la chaîne de commandement et la mauvaise utilisation des ressources militaires en période d’opérations.
La rédaction

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