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Lubero : 4 décès sur 4 cas confirmés d’Ebola, les retards dans la prise en charge inquiètent les équipes sanitaires

La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola continue de se détériorer dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu.

Deux nouveaux cas confirmés de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, ont été enregistrés lundi 31 août et mardi 1er septembre 2026 à l’Hôpital Général de Référence de Lubero. Les deux patients sont décédés.

Avec ces nouveaux décès, la zone de santé de Lubero compte désormais quatre cas confirmés et quatre décès depuis le début de l’épidémie, le 2 août dernier, soit une létalité de 100 % à ce stade.

La maladie poursuit également sa progression dans le territoire. Sur les sept zones de santé que compte Lubero, cinq sont désormais touchées. Seules Alimbongo et Kayna restent, à ce jour, épargnées.

Au 1er septembre, Musienene demeure la zone de santé la plus affectée, avec 86 cas confirmés, dont 51 décès et 8 guéris. Quatre nouveaux cas et un décès y ont été rapportés le 31 août. Masereka compte pour sa part 8 cas confirmés, dont un décès et quatre guéris.

À Biena, un cas confirmé a été enregistré et le patient est décédé. Manguredjipa compte également un cas confirmé, actuellement pris en charge.

Au-delà des statistiques, les conditions dans lesquelles certains malades arrivent dans les structures de prise en charge suscitent de fortes inquiétudes.

Selon une source médicale locale, les deux patients récemment admis à l’Hôpital Général de Référence de Lubero sont arrivés à un stade très avancé de la maladie, après un important retard dans la recherche des soins.

« Les malades arrivent avec beaucoup de retard au centre de prise en charge. Cela compromet toute chance de survie et augmente le risque de contamination dans la communauté et dans les familles », alerte cette source médicale.

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent la population à signaler rapidement tout cas présentant des signes suspects, notamment une fièvre brutale, une fatigue intense, des maux de tête, des vomissements, de la diarrhée ou des saignements inexpliqués.

Elles recommandent également d’éviter tout contact direct avec les fluides corporels des personnes malades ou décédées, afin de réduire les risques de transmission.

Sur le terrain, les équipes de riposte affirment toutefois travailler dans des conditions difficiles. Elles signalent notamment une insuffisance d’équipements de protection individuelle, de moyens logistiques, de thermo-flashs, de sacs mortuaires ainsi que d’intrants nécessaires à la prise en charge des malades et au suivi des contacts.

Cette situation intervient dans un contexte particulièrement difficile dans le territoire de Lubero, marqué notamment par l’enclavement de plusieurs zones et l’insécurité liée à l’activisme des ADF, particulièrement dans les zones de santé de Biena et de Manguredjipa.

Les acteurs sanitaires plaident ainsi pour un appui urgent du gouvernement et des partenaires afin de renforcer les capacités de la riposte et limiter le risque d’une propagation plus importante de l’épidémie.

La rédaction

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