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Sud-Kivu : un feu de brousse menace une partie du Parc national de Kahuzi-Biega et sa biodiversité

 

Une partie du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), dans la province du Sud-Kivu, est en proie à un important feu de brousse depuis deux jours, selon des informations rapportées par l’organisation “Les Écologistes RDC” à travers un communiqué rendu public ce mardi 01er septembre 2026. L’origine exacte de l’incendie n’est pas encore connue, mais cette nouvelle menace suscite des inquiétudes pour la biodiversité de cette aire protégée, déjà confrontée depuis plusieurs années à une forte pression humaine.

Le feu a été signalé dans le groupement de Musenyi, dans la chefferie de Buloho, avant de progresser vers le secteur organisationnel de Nkuku, en direction du secteur des Bakano, dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu.

À ce stade, l’ampleur exacte de la superficie déjà touchée par les flammes n’est pas connue. L’origine du sinistre n’a pas non plus été officiellement établie.

Une menace pour une biodiversité exceptionnelle

Le Parc national de Kahuzi-Biega constitue l’un des principaux réservoirs de biodiversité de l’est de la République démocratique du Congo. Sa richesse écologique et la diversité de ses espèces ont contribué à son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980.

Le parc abrite notamment les gorilles de Grauer, une espèce emblématique et fortement menacée, ainsi qu’une importante diversité d’espèces animales et végétales.

La propagation du feu pourrait avoir des conséquences importantes sur cet écosystème. Les flammes peuvent détruire la végétation, brûler les habitats naturels de nombreuses espèces et provoquer la fuite des animaux vers des zones moins exposées. Pour certaines espèces dont les habitats sont déjà réduits ou fragmentés, une telle perturbation peut aggraver davantage leur vulnérabilité.

La destruction de la couverture végétale peut également favoriser l’érosion des sols, perturber les cycles naturels de régénération de la forêt et affecter les sources d’eau. Les fumées dégagées par l’incendie peuvent, quant à elles, contribuer à la dégradation temporaire de la qualité de l’air dans les zones environnantes.

Les conséquences pourraient être particulièrement préoccupantes dans les secteurs où la biodiversité est déjà fragilisée par le braconnage, l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’abattage de certaines espèces ligneuses recherchées.

Un parc déjà soumis à de fortes pressions humaines

Le feu intervient dans un contexte marqué par d’importants défis de conservation. Selon les éléments disponibles, le PNKB est confronté à différentes formes de pression humaine, notamment le braconnage, l’exploitation illégale des minerais et l’abattage d’essences forestières recherchées.

Ces activités contribuent à la dégradation progressive des habitats naturels et rendent la conservation de certaines espèces de plus en plus difficile.

La situation est également compliquée par le contrôle limité de certaines parties du parc. D’immenses étendues échapperaient encore au contrôle effectif des autorités chargées de la conservation.

Cette situation constitue un défi majeur pour la protection de la faune et de la flore, particulièrement dans un contexte où les acteurs de la conservation doivent également faire face aux difficultés sécuritaires et au manque de moyens.

Des inquiétudes autour de l’origine du feu

L’origine de l’incendie demeure à déterminer. Dans ce contexte, des voix appellent les responsables du parc à ouvrir rapidement des investigations afin d’établir les circonstances exactes du sinistre.

« L’origine de ce feu n’est pas encore connue », rapporte cette organisation, qui souligne la nécessité de déterminer les causes de l’incendie et d’identifier, le cas échéant, les responsabilités.

Le responsable du site du Parc national de Kahuzi-Biega est ainsi appelé à diligenter des enquêtes pour déterminer les causes réelles de ce feu et permettre la prise de mesures appropriées.

Appel à une intervention urgente de l’ICCN

Face à cette situation, des appels sont lancés à la Direction générale de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) afin qu’elle s’implique personnellement dans la gestion de cette crise.

L’ICCN est notamment invité à prendre des mesures urgentes pour tenter de maîtriser l’incendie et empêcher sa propagation à d’autres parties du parc.

L’enjeu est de limiter les dégâts sur les habitats naturels et de préserver les espèces animales et végétales qui pourraient être affectées par les flammes.

Cet incendie n’est pas présenté comme un cas isolé. Le Parc national de Kahuzi-Biega aurait déjà connu un sinistre similaire dans un passé récent.

Cette répétition soulève des interrogations sur les mécanismes de prévention et de réponse aux feux de végétation dans les aires protégées.

Les acteurs de la conservation sont ainsi appelés à renforcer les dispositifs de surveillance, d’alerte et d’intervention, notamment durant les périodes présentant un risque élevé d’incendie.

Un patrimoine mondial déjà fragilisé

Créé en 1970, le Parc national de Kahuzi-Biega a été étendu en 1975 vers les zones de basse altitude, portant sa superficie totale à environ 600 000 hectares. Il couvre des espaces situés dans les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Nord-Kivu.

Son importance écologique lui a valu son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980. Mais, sous l’effet d’une forte pression humaine sur sa biodiversité, le parc a ensuite été retiré de la première liste pour être inscrit sur celle du patrimoine mondial en péril en 1996.

Depuis, des efforts sont consentis pour tenter de lui faire retrouver son statut de patrimoine mondial mieux préservé. Ces initiatives restent toutefois confrontées à de nombreux défis.

La nécessité d’un dialogue entre les acteurs

Au-delà de l’intervention urgente contre l’incendie, les acteurs estiment nécessaire de renforcer la concertation autour de la conservation du parc.

Le déficit de communication entre les différentes parties prenantes, le faible engagement de certains acteurs et l’absence d’un cadre permanent d’échanges multi-acteurs et multisectoriel sont présentés comme des obstacles à une gestion efficace du PNKB.

Dans cette perspective, la problématique du Kahuzi-Biega est rapprochée de celle du Parc national des Virunga. L’organisation d’un Dialogue Vert réunissant les différentes parties prenantes est considérée comme une piste importante pour adapter les stratégies de conservation aux réalités actuelles, notamment aux changements climatiques, aux besoins de développement durable et à la lutte contre la pauvreté.

Une urgence écologique

En attendant de connaître l’étendue exacte des dégâts, la priorité reste de stopper la progression du feu et de protéger les secteurs encore épargnés.

Chaque hectare de forêt détruit représente potentiellement une perte d’habitat, de ressources alimentaires et de sites de reproduction pour de nombreuses espèces. Dans un parc déjà confronté à la pression humaine, la répétition des incendies pourrait accélérer la dégradation des écosystèmes et compromettre davantage les efforts de conservation.

Les responsables de l’ICCN, les autorités locales et les différents acteurs impliqués dans la protection de l’environnement sont donc appelés à agir rapidement, mais aussi à renforcer durablement la prévention des incendies, la surveillance du parc et la collaboration avec les communautés riveraines.

L’objectif est double : éteindre le feu actuel et éviter que de nouveaux incendies ne viennent aggraver la fragilité d’un patrimoine naturel exceptionnel de la RDC.

La rédaction

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