17 jeunes manifestants ont été interpellés lundi 10 août 2026 à Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, après l’incendie d’une véranda et de l’enclos érigés sur la tombe de l’artiste musicien Delcat Idengo, selon les autorités locales.
« Il y a aussi des interpellations parmi les manifestants dont MM. Fiston Isambiro et Walawala, tous deux leaders principaux du mouvement citoyen “Véranda Muchanga”, et la police est en train de faire son travail pour rétablir la circulation dans des zones sous pression des manifestants », a précisé l’autorité de base.
Les incidents ont éclaté à Beni, ville située dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC, alors que plusieurs jeunes issus de mouvements citoyens et groupes de pression manifestaient après avoir constaté l’incendie de la véranda et de l’enclos installés autour de la tombe de Delcat Idengo.
Kambale Siluhwere, chef du quartier Résidentiel à Beni, confirme les dix-sept interpellations et explique que les tirs entendus dans plusieurs endroits de la ville étaient liés à l’intervention de la police pour disperser les manifestants et empêcher le blocage des activités.
« Tous ces tirs à balle que vous suivez depuis le matin consistent à sommer les jeunes manifestants des plusieurs groupes de pression et mouvements citoyens après qu’ils aient constaté que la véranda et la tombe de feu Delcat Idengo ont déjà été incendiés par des inconnus », a expliqué Kambale Siluhwere.
Selon cette autorité locale, les circonstances de l’incendie restent à établir. Les jeunes manifestants s’étaient réunis dimanche au niveau du cimetière jusqu’aux heures vespérales. Les autorités disent ne pas savoir, à ce stade, qui a mis le feu à la véranda et à l’enclos de la tombe.
« Nous sommes dans la confusion de savoir qui a mis le feu sur cette véranda et même l’enclos sur la tombe. Voilà maintenant un acharnement qui s’en est suivi entre les manifestants et la police pour qu’ils ne paralysent pas les activités en ville », a ajouté le chef du quartier Résidentiel.
Depuis samedi 8 août, des messages et vidéos diffusés sur les réseaux sociaux par des mouvements citoyens et groupes de pression appellent à une paralysie des activités à Beni. Les initiateurs veulent dénoncer les massacres de civils et réclament également la libération de Clovis Mutsuva, militant de la Lutte pour le changement (LUCHA).
Clovis Mutsuva a été arrêté dans le cadre de plusieurs accusations, notamment l’apologie des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et la propagation de faux bruits. Son arrestation intervient sur la base d’un mandat d’amener signé le 16 juillet 2026.
Face aux appels à manifester, le maire de Beni, le commissaire supérieur Nyofondo Te-Kodale, a publié un communiqué interdisant toute manifestation dans la ville. Il a appelé les habitants à vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.
Les forces de police déployées dans plusieurs secteurs de la ville ont procédé à des interpellations parmi les manifestants, tandis que les appels à la mobilisation continuaient de circuler. Les autorités affirment vouloir maintenir la circulation et permettre la poursuite des activités urbaines.
Beni, ville du Nord-Kivu située à l’est de la RDC, avait déjà été marquée ces dernières années par de graves violences contre les populations civiles. L’arrestation de Clovis Mutsuva, le 16 juillet 2026, puis les appels à la mobilisation lancés à partir du samedi 8 août ont progressivement ravivé les tensions dans la ville.
Elisé kant

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