L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a dénoncé, des poursuites judiciaires engagées contre sept défenseurs de l’environnement et acteurs de la société civile de la Mongala, estimant qu’elles visent à faire taire leur engagement en faveur des droits des communautés locales et de la protection des forêts.
Dans une lettre de mercredi 15 juillet 2026 signéé à Beni et adressée au Procureur général près la Cour d’appel de la Mongala, l’organisation affirme que ces poursuites s’inscrivent dans une instrumentalisation de l’appareil judiciaire au profit d’intérêts économiques liés à l’exploitation forestière.
« Les défenseurs et militants climatiques font face à des poursuites stratégiques dictées par des sociétés extractives », écrit l’ACEDH, qui cite notamment la société forestière Booming Green.
L’organisation évoque le dossier référencé RMP3966/PR.06/1/NIL, dans lequel sept responsables communautaires et membres de la société civile sont poursuivis pour rébellion, abstention coupable, destruction méchante, escroquerie, détournement de deniers publics et trafic d’influence.
Les personnes concernées sont Camille Ndoko, chef du groupement Likasi, Bafanzo Basele, président de la société civile locale, ainsi que Linkizi Bombele Léon, Asuka Lifilo, Moponde Lifilo, Eluo Eluo et Eluo Albert.
Selon l’ACEDH, ils sont détenus à la prison centrale de Lisala sous mandat d’arrêt provisoire.
L’organisation estime que les infractions retenues contre ces activistes sont dénuées de fondement et viseraient à les empêcher de poursuivre leurs actions en faveur des communautés affectées par l’exploitation forestière.
« La justice ne saurait accepter d’être le marchepied d’ambitions politiques ou économiques », souligne l’ACEDH, qui affirme que ces citoyens exerçaient des activités protégées par la Constitution et les lois de la République.
L’organisation met également en cause de présumées interférences du pouvoir provincial dans cette affaire.
Elle accuse le ministre provincial de l’Intérieur de la Mongala d’avoir favorisé l’arrestation et le transfert des sept activistes vers Lisala, alors qu’ils revendiquaient, selon elle, des droits environnementaux et communautaires.
Pour l’ACEDH, ces poursuites constituent une violation de plusieurs dispositions de la Constitution, notamment celles relatives à la liberté d’expression, au droit de pétition, à la liberté d’association et au droit à un environnement sain.
L’organisation invoque également la loi n°23/027 du 15 juin 2023 portant protection et responsabilité des défenseurs des droits de l’homme. Elle rappelle que ce texte oblige l’État à protéger les défenseurs contre toute menace, intimidation ou poursuite arbitraire liée à leurs activités légitimes.
Dans ses recommandations, l’ACEDH demande la libération immédiate et sans condition des sept détenus ainsi que l’abandon des poursuites engagées contre eux. Elle appelle le Conseil supérieur de la magistrature, le ministère de la Justice, le ministère des Droits humains, la Commission nationale des droits de l’homme et le Procureur général de la Mongala à intervenir rapidement pour garantir un procès équitable et le respect des droits fondamentaux.
L’organisation invite enfin les organisations nationales et internationales de défense de l’environnement ainsi que les avocats engagés dans la protection des communautés à suivre cette procédure et à renforcer les mécanismes de protection des défenseurs.
Lesvolcansnews.net n’a pas eu l’ocassion de décrocher un entretien avec la société forestière Booming Green.
Pour rappel, la République démocratique du Congo s’est dotée, en juin 2023, d’une loi spécifique destinée à protéger les défenseurs des droits de l’homme. Ce texte, salué par plusieurs organisations nationales et internationales, vise notamment à prévenir les poursuites abusives contre les personnes engagées dans la défense des droits humains, de l’environnement et des intérêts des communautés locales.
Rédaction

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