Ebola : des politiques et coutumiers s’en mêlent pour changer la donne, Iracan et Anzabo en première ligne dans la sensibilisation
La lutte contre la maladie à virus Ebola prend un nouveau tournant en Ituri. Des acteurs politiques et coutumiers descendent sur le terrain pour recadrer la riposte et restaurer la confiance de la population. Les députés et chefs coutumiers veulent désormais changer la donne.
Le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas, élu de la circonscription de Bunia-Ville, estime que la prise de conscience collective reste la seule voie pour stopper la propagation du virus. Pour lui, sans l’adhésion des communautés, aucun effort technique ne suffira.
L’élu dénonce au passage certaines “magouilles” observées dans la gestion financière de la riposte. Selon lui, des détournements et des dysfonctionnements sapent les efforts sur le terrain et alimentent la méfiance des habitants vis-à-vis des équipes de réponse. Face à cette situation, Gratien Iracan invite la population à jouer les lanceurs d’alerte. Il demande à toute personne qui constate un dysfonctionnement dans la riposte de saisir directement ses services pour qu’il puisse relayer l’information au plus haut niveau.
« À mon niveau, je vais saisir le gouvernement congolais, via le ministère de la Santé et celui des Finances, pour obtenir gain de cause », promet le député. Il compte saisir le Parlement pour des questions orales et des interpellations si nécessaire.
Gratien Iracan en profite pour lancer un appel à toutes les couches impliquées dans la riposte. Il les exhorte à privilégier l’intérêt général et à éviter tout comportement susceptible de faire naître de “mauvaises idées” au sein de la communauté.
Au même moment, la sensibilisation s’intensifie dans les chefferies. Dans la chefferie des Andisoma, en territoire d’Irumu, l’autorité coutumière entre elle aussi dans la danse pour faire bouger les lignes. Le chef de la chefferie, Anzabo Byabo Mathieu, mobilise ses notables et ses chefs de groupements. Objectif : descendre dans chaque village pour expliquer la gravité de l’épidémie et les mesures à respecter.
Le chef coutumier met en garde contre la désinformation. Il conseille à sa population de ne pas croire aux “commérages mortels” qui affirment que Nyakunde ne serait pas encore touchée. « La maladie est bel et bien dans cette zone de santé », martèle-t-il.
Pour Anzabo Byabo Mathieu, les leaders communautaires et religieux ont un rôle capital. Ils doivent expliquer clairement les gestes barrières : lavage des mains, signalement des cas suspects, enterrements sécurisés et arrêt des contacts avec les malades. La stratégie est claire : combiner l’action politique et l’autorité traditionnelle pour briser les rumeurs et ramener les malades vers les centres de traitement. Les deux approches se veulent complémentaires pour gagner la bataille contre Ebola.
Alors que l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, l’implication de figures comme Gratien Iracan et Anzabo Byabo Mathieu pourrait donner un nouveau souffle à la riposte. La balle est désormais dans le camp des communautés.
Nickson Manzekele, à Bunia

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