La nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet 2026 restera gravée à Azumba. Des affrontements d’une rare violence ont opposé les familles Odju et Ayiko dans cette localité de la chefferie des Aluru, territoire d’Aru. Le bilan est lourd : une personne tuée, cinq autres grièvement blessées et une centaine de maisons parties en fumée, selon la société civile locale.
Le drame s’est noué au cœur du village Ayaya, fief historique de la discorde. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les hostilités ont éclaté aux premières heures de la nuit et se sont propagées rapidement. Des maisons en paille et en tôles ont été incendiées, laissant des familles entières sans abri, au milieu des cendres encore fumantes au lever du jour.
La coordination de la société civile Force vive des Aluru tire la sonnette d’alarme. Pour Ongua Kalata Sabuni, son coordonnateur, il s’agit d’un ancien conflit foncier qui ressurgit et vire au drame. Il dénonce une recrudescence des violences dans cette partie du territoire d’Aru, où les tensions communautaires n’avaient jamais totalement disparu malgré plusieurs tentatives de médiation.
Au-delà du bilan humain, les conséquences matérielles sont considérables. Le même responsable fait état du déplacement de plusieurs ménages qui ont fui vers les villages voisins, de la destruction de produits champêtres stockés, et de l’abattage de nombreux chèvres et porcs. Des champs ont été saccagés, compromettant la prochaine saison agricole pour des familles déjà vulnérables.
Face à cette dégradation, la société civile Force vive des Aluru appelle à une réaction urgente. Elle interpelle les autorités administratives du territoire, les services de sécurité ainsi que le chef de la chefferie des Aluru. L’objectif : désamorcer la crise avant qu’elle ne dégénère en affrontements plus larges dans toute la chefferie.
Contacté, le chef du groupement Azumba, Mundua Adia, confirme une situation toujours tendue. Dans un message sonore, il appelle au calme les deux parties, la famille Ayiko et la famille Odru, et insiste sur la nécessité du dialogue. “Seule une solution pacifique permettra de mettre fin à ce conflit”, martèle-t-il, tout en demandant aux jeunes de déposer les armes.
Sur le terrain, la peur demeure. Des déplacés errent sans assistance, craignant un retour des assaillants. Les marchés locaux tournent au ralenti et les écoles du secteur ont fermé par précaution. Les observateurs craignent que sans intervention rapide, la spirale de représailles ne s’étende au-delà d’Azumba.
Au moment de la publication, aucune réaction officielle des autorités territoriales ou des services de sécurité n’avait encore été enregistrée au sujet de ces nouveaux affrontements. Les habitants d’Azumba attendent désormais des mesures concrètes pour éviter qu’un nouveau chapitre sanglant ne s’écrive dans l’histoire déjà douloureuse des Aluru.
Rédaction

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