La sensibilisation contre la maladie à virus Ebola a réuni vendredi des leaders communautaires, autorités coutumières et acteurs locaux à Bugorhe, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, afin de renforcer la prévention face aux risques sanitaires signalés dans l’Est de la RDC.
Organisée dans l’aire de santé de Kavumu, relevant de la zone de santé de Miti-Murhesa, cette activité a rassemblé des chefs de sous-villages, des membres des cellules d’animation communautaire, des représentants de la société civile ainsi que plusieurs autorités locales.
L’objectif poursuivi par les organisateurs est de renforcer l’implication des communautés dans la lutte contre les maladies à potentiel épidémique, alors que plusieurs provinces de l’Est de la République démocratique du Congo demeurent sous surveillance sanitaire accrue.
Au cours des échanges, les participants ont reçu des informations sur les modes de transmission de la maladie à virus Ebola, les signes cliniques à identifier ainsi que les mesures préventives à adopter dans les ménages et les espaces communautaires.
« La contamination peut également intervenir après un contact avec des objets souillés, des animaux infectés ou encore lors de manipulations non protégées auprès d’une personne malade ou décédée », a expliqué Moïse Ciberege, animateur communautaire de la zone de santé de Miti-Murhesa.
Les intervenants ont rappelé que la maladie à virus Ebola demeure une infection hautement contagieuse pouvant se transmettre par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée.
Parmi les principaux symptômes présentés figurent la fièvre, les maux de tête, les douleurs abdominales, les vomissements, les diarrhées, les saignements ainsi qu’une fatigue intense pouvant rapidement détériorer l’état du malade.
Les responsables sanitaires estiment que la sensibilisation communautaire constitue un outil essentiel pour réduire les risques de propagation de la maladie, notamment dans des zones où les mouvements de populations restent importants et où les fausses informations circulent rapidement.
Les participants ont ainsi été encouragés à renforcer les mesures d’hygiène dans les ménages, notamment par le lavage régulier des mains avec de l’eau chlorée, du savon ou de la cendre, ainsi que par l’adoption de comportements responsables face à toute suspicion de maladie.
L’infirmière titulaire de l’aire de santé de Kavumu a insisté sur la nécessité de signaler rapidement tout cas suspect aux structures sanitaires compétentes afin de faciliter une prise en charge précoce.
« La population doit éviter de céder aux rumeurs et aux fausses informations qui circulent actuellement concernant Ebola », a insisté Solange Bora.
Présent à cette rencontre, le chef de groupement de Bugorhe ad intérim a appelé les habitants à installer des dispositifs de lavage des mains dans leurs ménages et à éviter la consommation de viande non contrôlée par les services sanitaires habilités.
Pour plusieurs observateurs locaux, l’implication des leaders communautaires demeure un facteur déterminant dans la réussite des campagnes de prévention et de surveillance sanitaire dans les milieux ruraux du Sud-Kivu.
À l’issue de la séance, plusieurs participants se sont engagés à relayer les messages de prévention dans leurs villages respectifs afin de renforcer la vigilance communautaire et promouvoir les bonnes pratiques sanitaires auprès des familles.
Cette mobilisation intervient dans une province qui a déjà vécu plusieurs périodes de vigilance liées à Ebola. Lors de la dixième épidémie déclarée en RDC entre 2018 et 2020, les provinces de l’Est avaient été fortement sensibilisées à la surveillance communautaire, une stratégie qui avait contribué à améliorer la détection précoce des cas suspects et la riposte sanitaire dans plusieurs zones à risque.
Yseult Lwango

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