Sud-Kivu : acteurs communautaires réclament une vigilance sanitaire renforcée face aux alertes d’Ebola

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Alors que des alertes sanitaires liées à la maladie à virus Ebola refont surface dans certaines zones de l’Est de la République démocratique du Congo, notamment après le signalement récent de cas suspects dans la province du Nord-Kivu, des acteurs communautaires du Sud-Kivu appellent la population à renforcer les mesures de prévention afin d’éviter toute propagation éventuelle de cette maladie hautement dangereuse.

Même si aucun cas confirmé n’a jusqu’à présent été officiellement signalé au Sud-Kivu, des acteurs de santé communautaire estiment que le contexte actuel impose une vigilance accrue, particulièrement dans les zones caractérisées par les déplacements fréquents de populations entre provinces voisines.

« Lorsqu’une alerte sanitaire apparaît dans une province voisine, nous devons immédiatement renforcer la sensibilisation communautaire. La prévention reste notre première protection », explique Bashwira Stanislas, acteur de la société civile dans la Zone.

Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, notamment ceux affectés par les déplacements de populations et l’insécurité, les mouvements permanents des habitants augmentent les risques de propagation rapide des maladies transmissibles en cas d’apparition d’un foyer épidémique. Cette situation vient s’ajouter à une crise sécuritaire et humanitaire déjà persistante dans la province, rendant la réponse sanitaire encore plus complexe.

Des acteurs sanitaires rappellent également que les conditions humanitaires actuelles dans certaines zones de l’Est du pays restent particulièrement préoccupantes dont l’insuffisance d’accès aux soins, la promiscuité dans certains sites de déplacés, difficultés d’accès à l’eau potable et faibles capacités de surveillance communautaire.

Il rappellent ainsi l’importance du lavage régulier des mains, de l’évitement des contacts avec des personnes présentant des symptômes suspects et du signalement rapide des cas aux structures sanitaires compétentes.

Pour plusieurs observateurs cette situation exige une mobilisation préventive avant même l’apparition d’éventuels cas confirmés.

« Les populations doivent éviter les fausses informations, respecter les consignes sanitaires et signaler rapidement tout cas suspect. Une maladie comme Ebola ne laisse pas le temps à l’improvisation »,souligne Stanislas.

Au Sud-Kivu, plusieurs acteurs communautaires craignent également que la désinformation et certaines rumeurs relayées sur les réseaux sociaux puissent compliquer une éventuelle réponse sanitaire en cas d’alerte réelle.

« Dans plusieurs crises sanitaires passées, certaines personnes avaient peur des équipes médicales ou croyaient à de fausses informations. Aujourd’hui, il faut privilégier les sources officielles et les messages des professionnels de santé », insiste un relais communautaire à Bukavu.

Cependant dans un communiqué officiel publié ce 17 mai 2026, les autorités provinciales du Sud-Kivu, sous l’administration du gouverneur issu de l’Alliance Fleuve Congo – M23, indiquent qu’une task force multisectorielle a été mise en place afin de coordonner les efforts de prévention sur l’ensemble du territoire provincial. Elle précise que les mécanismes de veille épidémiologique sont activés dans les structures sanitaires, les ports et débarcadères, les postes frontaliers, les marchés publics ainsi que les lieux de forte concentration humaine et les moyens de transport.

Pour rappel, la République démocratique du Congo a connu plusieurs flambées de maladie à virus Ebola depuis sa découverte en 1976. Le pays a notamment été touché par des épidémies majeures en 2014–2016, puis en 2018–2020 dans l’Est (Nord-Kivu et Ituri), ainsi que par des épisodes plus récents en 2020 et 2022 dans d’autres provinces. Ces différentes vagues rappellent la nécessité du respect strict des mesures barrières et de la vigilance communautaire face à toute alerte suspecte.

Yseult LWANGO

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