Un premier cas confirmé de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, a été détecté à Goma au Nord-Kivu ce dimanche 16 MAI, poussant les autorités sanitaires et administratives de l’AFC/M23 à renforcer les mesures de riposte, tandis que la population est appelée à une vigilance accrue face au risque de propagation.
« Le Gouvernorat de la Province du Nord-Kivu informe la population qu’un premier cas confirmé de maladie à virus Ebola a été détecté dans la ville de Goma », peut-on lire dans le communiqué signé par Bahati Musanga, gouverneur nommé par l’AFC/M23.
Selon les premières informations fournies par les services sanitaires, le patient confirmé aurait récemment séjourné à Bunia, en province de l’Ituri, où une flambée d’Ebola fait déjà l’objet d’une prise en charge médicale renforcée.
Aussitôt après la confirmation du cas, les autorités provinciales, en coordination avec les structures sanitaires locales, ont activé les mécanismes de riposte afin de limiter toute propagation dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Le patient a été isolé conformément aux protocoles sanitaires en vigueur, pendant que les opérations d’identification et de suivi des contacts se poursuivent.
Dans plusieurs structures médicales ainsi qu’aux points d’entrée et de sortie de la ville de Goma, des mesures sanitaires renforcées ont été instaurées. Les équipes de surveillance épidémiologique restent mobilisées pour détecter rapidement d’éventuels nouveaux cas suspects.
Les autorités rappellent que la maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques, les objets contaminés ou encore les personnes infectées présentant des symptômes. Elles précisent cependant que cette maladie ne se transmet pas par voie aérienne.
Parmi les symptômes les plus fréquents figurent notamment la fièvre soudaine, les violents maux de tête, les douleurs musculaires, la fatigue intense, les vomissements, la diarrhée, les saignements inexpliqués ainsi qu’une faiblesse généralisée.
Face à cette menace sanitaire, les habitants sont appelés à éviter tout contact physique avec des personnes présentant des signes suspects, à se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, à signaler immédiatement tout cas suspect et à respecter strictement les consignes des équipes médicales.
« La population est invitée à garder son calme, à éviter la propagation de rumeurs et à poursuivre normalement ses activités tout en respectant rigoureusement les consignes de prévention », souligne encore le communiqué.
Dans le même cadre préventif, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-général Évariste Somo Kakule, a interdit formellement le transport des corps sans autorisation signée par les autorités sanitaires compétentes. Cette décision vise à prévenir toute contamination liée à la manipulation des dépouilles potentiellement infectées.
Les familles sont ainsi appelées à collaborer avec les équipes spécialisées chargées des enterrements dignes et sécurisés en cas de décès suspect. Les autorités demandent également à la population de signaler tout cas suspect ou décès au numéro vert 082 080 0001.
Cette épidémie risque cependant d’être particulièrement difficile à maîtriser vu l’insécurité dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.
L’accès difficile à certaines localités, les contraintes logistiques ainsi que l’absence de moyens de transport rapides pourraient ralentir l’acheminement du personnel médical et du matériel nécessaire à la riposte.
Ces dernières années, plusieurs flambées d’Ebola ont déjà frappé l’Est de la République démocratique du Congo, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, causant des milliers de morts et de lourdes conséquences humanitaires.
Rédaction

0 Comments