Le manque d’infrastructures sanitaires et d’abris adéquats au marché de Kasihe, dans le groupement de Mudusa en territoire de Kabare, suscite depuis plusieurs semaines des plaintes des commerçants et habitants qui dénoncent, ce vendredi, une gestion opaque des taxes perçues dans cette zone administrée sous contrôle du M23.
« Nous payons chaque jour différentes taxes, mais il n’y a toujours pas de toilettes publiques ni d’abris convenables pour les commerçants », témoigne une vendeuse rencontrée sur place.
Opérationnel depuis plus de vingt-cinq ans, le marché rural de Kasihe demeure l’un des principaux centres d’échanges commerciaux fréquentés par des habitants venus de plusieurs villages des groupements de Mudusa et Mumosho, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les vendeurs exercent leurs activités dans des conditions jugées précaires, notamment pendant les périodes de pluie où les marchandises restent exposées à la boue, aux eaux stagnantes et aux intempéries.
Des habitants déplorent également l’absence de latrines publiques et d’installations d’assainissement dans cet espace commercial fréquenté quotidiennement par des centaines de personnes.
Au-delà des questions sanitaires, des critiques sont aussi formulées autour du fonctionnement administratif du marché.
Plusieurs sources communautaires évoquent une organisation qualifiée de confuse, caractérisée par l’intervention de différentes structures dans la perception des recettes et l’encadrement des activités commerciales.
Selon ces mêmes sources, les taxes collectées auprès des petits commerçants ne produisent toujours pas d’améliorations visibles des infrastructures du marché.
« Les recettes sont régulièrement collectées auprès des vendeurs, mais les conditions restent presque inchangées », explique sous anonymat un acteur de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile.
Face à cette situation, plusieurs habitants de Mudusa appellent les responsables administratifs du marché à engager des mesures urgentes pour améliorer les conditions sanitaires et organisationnelles de ce centre commercial rural. Ils réclament notamment la construction de latrines publiques, l’aménagement d’espaces couverts pour les vendeurs ainsi qu’une gestion plus transparente des recettes perçues quotidiennement.
Les responsables impliqués dans l’administration actuelle du marché n’ont pas pu être joints afin de réagir à ces préoccupations.
Depuis plusieurs années, les questions liées à l’encadrement des marchés publics, à la perception des taxes locales et à l’état des infrastructures communautaires restent régulièrement dénoncées dans plusieurs entités de l’est de la République démocratique du Congo passées sous administration des autorités locales installées dans des zones sous influence du M23.
LA REDACTION

0 Comments