La situation sécuritaire demeure préoccupante dans la chefferie de Babila Bakwanza, en territoire de Mambasa (Ituri), où les rebelles ADF-NALU continuent de circuler librement malgré les opérations militaires en cours.
Selon plusieurs témoignages recueillis localement, ce groupe armé multiplie non seulement ses bastions, mais aussi ses actions de sensibilisation auprès des populations civiles, dans une stratégie apparente d’enracinement durable dans la région.
Le mardi dernier, les éléments ADF ont tenu des réunions publiques à Makoukou et Ndioka, au cours desquelles ils ont annoncé l’instauration de nouvelles taxes. Ces dernières comprennent notamment un paiement de 30 000 francs congolais pour l’enregistrement des champs, ainsi qu’une redevance annuelle de 50 dollars par hectare, calculée sur base d’un taux de 3 000 francs congolais.
Dans la continuité de cette campagne, les mêmes sources indiquent que les rebelles ont, ce week-end, étendu leur sensibilisation aux localités de Bandenge, Bauwenzi et Mapendo. Lors de ces rencontres, ils auraient insisté sur le paiement obligatoire de ces “jetons” et redevances agricoles, suscitant une vive inquiétude au sein de la population.
Plus alarmant encore, des informations concordantes signalent l’installation d’un camp important des ADF dans les zones de Bauwenzi et Mapendo, vers Matolo, renforçant les craintes d’une implantation durable du groupe dans cette partie du territoire.
« Malgré les opérations menées contre les ADF dans la chefferie de Babila Bakwanza, l’ennemi ne cesse de multiplier ses meetings tout en sensibilisant la population au paiement de nouvelles taxes », a déclaré Ram’s Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF Mambasa.
Et d’ajouter : « Le mardi dernier, ils ont sensibilisé la population de Makoukou. Hier samedi, ils étaient à Bauwenzi, Mapendo et même Bandenge. Ils imposent un jeton de 30 000 francs et une redevance de 50 dollars par hectare, soit environ 150 000 francs par an. »
Face à cette situation jugée grave, la société civile appelle à une réaction urgente des autorités militaires.
« Lorsque l’ennemi commence à imposer des taxes et que la population risque d’y adhérer par contrainte ou par peur, cela devient extrêmement dangereux. Nous appelons les forces armées à intensifier les opérations pour traquer ces rebelles qui cherchent à s’implanter durablement », a insisté le coordonnateur.
La situation reste à suivre de près dans cette zone du territoire de Mambasa.
la rédaction

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