Ça y est ! Une vingtaine de jeunes filles de la province de l’Ituri viennent de s’engager, ce mercredi 15 avril 2026, à contribuer à la promotion et à la recherche de la paix, la sécurité et la médiation entre communautés en conflit. Position prise à la clôture d’un atelier de formation de deux jours, tenu du 14 au 15 avril 2026, en ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Cette assise a été portée par les « Young Women Leaders for Peace » (Les Jeunes Femmes Leaders pour la Paix » avec comme point focal Sarah Muderwa. Durant les deux jours, l’atelier visait à vulgariser deux résolutions des Nations-Unies notamment : la résolution 1325 qui met en avant les compétences et les participations des femmes dans le processus de paix mais aussi la résolution 2250 qui met les jeunes au centre du développement et de la recherche de la paix.
« C’était 2 jours de renforcement des capacités de 25 jeunes femmes leaders oeuvrant dans l’agenda Jeunesse-Paix-Securité des Nations-Unies. C’était juste pour essayer de renforcer la capacité de ces jeunes femmes afin qu’elles participent dans le processus de paix parce que chez nous ici en Ituri, nous sommes rongés par des conflits. Et donc, c’était important que des jeunes femmes et filles se sentent impliquées », a-t-elle répondu, dans une communication à la presse, au sortir de cet atelier.
Quid de son importance sur la communauté ?
Mme Muderwa, connue pour la plupart comme coordonnatrice de la synergie des jeunes filles de l’Ituri, précise que ce renforcement en capacité avait son pesant d’or sur l’apport de cette catégorie dans la restauration de l’autorité de l’état car pour elle : « […]elles ne peuvent pas s’impliquer sans être renforcées en capacité ».
Des attentes sont légions auprès de ces jeunes filles
À l’issue de cet atelier financé par l’affaire globale du Canada à travers le Global Network for Woman Peace Building, des facilitateurs, experts et facilitatrices attendent trop des participantes. Il s’agit entre autres de :
– l’implication effective et/ou réelle de ces jeunes filles et femmes dans le processus de paix en Ituri.
– leur détermination dans les plaidoyers en faveur des femmes et filles vivant dans cette entité pour changer la donne tant sur le plan sécuritaire que sur le plan des violences basées sur le genre.
– leur maitrise des matières apprises car elles les relayeront au sein des communautés dans lesquelles elles vivent.
Ces avis des participantes
Certaines participantes affirment rentrer dans la communauté autrement sur le plan intellectuel, surtout en ce qui concerne leur engagement pris. À titre illustratif, l’une d’entre elles et leur représentante, promet : « La formation a été très indispensable pour nous. Les engagements que j’ai pris sont de ne pas propager la mauvaise information et d’être une médiatrice des communautés quand il y a des conflits ».
L’Ituri reste marquée par des cycles de violence communautaire qui fragilisent surtout les femmes et les jeunes. Dans ce climat, l’émergence de jeunes filles médiatrices crée un contrepoids citoyen. Leur présence sur le terrain change la perception du rôle des femmes: de victimes potentielles à actrices de la stabilisation.
Au-delà des résolutions 1325 et 2250, les participantes repartent avec des outils pratiques: techniques d’écoute active, documentation des incidents, cartographie des acteurs locaux, et bases du plaidoyer auprès des autorités. L’objectif est clair: transformer l’engagement en actions mesurables dans les territoires comme Djugu, Irumu et Mahagi.
L’appui du Global Network for Women Peace Building via les Affaires globales du Canada montre l’importance des coalitions. Ces jeunes leaders s’insèrent dans un réseau plus large de femmes bâtisseuses de paix en RDC. Cela facilite le partage d’expériences, l’accès aux alertes précoces et la remontée d’informations fiables vers les décideurs.
Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’effet de cet atelier. Les indicateurs à suivre sont simples : nombre de dialogues communautaires initiés, cas de désinformation déconstruits, femmes intégrées dans les comités locaux de paix, et signalements transmis aux mécanismes de protection.
Nickson Manzekele, à Bunia

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