Kagame défend le passage de Kabila à Goma et rejette les pressions américaines sur le Rwanda*

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Le président rwandais Paul Kagame a déclaré qu’il ne voyait « aucune raison » d’empêcher l’ancien président congolais Joseph Kabila de se rendre à Goma, tout en rejetant les accusations de soutien de Kigali au mouvement rebelle M23 et les pressions américaines pour un retrait de ses forces de l’est de la République démocratique du Congo.

S’exprimant dans une interview accordée à Jeune Afrique, Kagame a été interrogé sur la présence de Kabila à Goma et sur l’éventualité d’un feu vert rwandais.

« Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. Kabila a fait ses choix. Vous connaissez ses problèmes. Le gouvernement congolais le poursuit, il a été condamné à mort, une partie de ses biens a été saisie et il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage. Cela n’aurait pas de sens », a-t-il déclaré.

Les relations entre Kigali et Kinshasa restent tendues dans un contexte de conflit persistant dans l’est congolais, où le mouvement rebelle M23 que la RDC accuse le Rwanda de soutenir a intensifié ses opérations ces dernières années.

Interrogé sur les sanctions imposées le 2 mars par l’administration de Donald Trump contre les Forces de défense rwandaises et certains de leurs généraux, Kagame a rejeté toute responsabilité directe de son pays dans le conflit.

« Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila. Le problème posé par ce mouvement est un problème politique congolais, qui doit trouver une solution politique congolaise », a-t-il affirmé.

Il a également critiqué ce qu’il considère comme une approche déséquilibrée de la communauté internationale.

« Vous ne pouvez pas espérer qu’une partie, en l’occurrence le Rwanda, remplisse toutes ses obligations inscrites dans les accords de Washington du 4 décembre, alors que l’autre, la RDC, ne les remplit que très partiellement voire pas du tout », a-t-il dit, appelant les États-Unis à exercer une pression équitable sur les deux pays.

« Mesures défensives » maintenues

Kagame a par ailleurs défendu la présence et les actions des forces rwandaises près de la frontière, les qualifiant de « mesures défensives ».

« Cela signifie que vous pouvez utiliser du matériel. Vous pouvez déployer des troupes au sol. Cela signifie défendre ce territoire », a-t-il expliqué, précisant que ces اقدامات pouvaient s’étendre au-delà de la frontière immédiate en fonction de la menace.

« Si je défends ma frontière, et qu’il faut pour cela traiter la menace identifiée à 5 km, 10 km ou 20 km (…) il n’y a pas de contradiction », a-t-il ajouté.

Le président rwandais a exclu tout retrait unilatéral de ces dispositifs.

« Nous refusons de lever les mesures défensives (…) Pourquoi, alors qu’il y a une menace contre moi, me demandez-vous de lever mes mesures défensives sans pour autant gérer cette menace ? Quelle est la logique ? », a-t-il conclu.

Le conflit dans l’est de la RDC, riche en ressources minières, implique de multiples groupes armés et a déplacé des centaines de milliers de civils, alimentant une crise humanitaire persistante et des tensions régionales croissantes.

La rédaction

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