La prolifération de cachots illégaux dans la chefferie de Babila Babombi, située dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, suscite une vive inquiétude au sein de la population locale.
Selon l’Association pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Enfant (APDEF), plusieurs civils seraient victimes d’arrestations arbitraires et de détentions illégales opérées par certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des groupes Wazalendo.
Dans une alerte ce dimanche 15 mars, l’organisation indique que plusieurs positions militaires dans cette chefferie auraient érigé des lieux de détention non reconnus par la loi, où des civils sont régulièrement incarcérés sans procédure judiciaire.
« Actuellement, la chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, contient plusieurs cachots organisés illégalement par des éléments des FARDC et des Wazalendo, dans lesquels les civils sont arrêtés arbitrairement et détenus au-delà du délai prescrit par la loi », a déclaré Ram’s Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF à Mambasa.
Selon cette organisation de défense des droits humains, les personnes arrêtées subiraient parfois des traitements inhumains avant même d’être enfermées dans ces cachots. Les détenus seraient ensuite contraints de payer des sommes d’argent pour obtenir leur libération.
« Avant d’être placés dans ces cachots, plusieurs civils subissent des coups et des actes de torture. Pour être libérés, ils doivent payer des amendes exorbitantes imposées par ceux qui les détiennent », affirme Ram’s Malikidogo.
L’ONG rapporte également que certaines personnes peuvent rester détenues pendant plusieurs jours si elles ne parviennent pas à réunir les sommes exigées.
« Il arrive qu’une personne passe jusqu’à quatorze jours dans ces cachots simplement parce qu’elle n’a pas encore satisfait aux exigences financières imposées », a-t-il ajouté.
La situation serait encore plus préoccupante, selon l’organisation, car des mineurs seraient parfois incarcérés dans les mêmes cellules que des adultes ou des personnes accusées de délits plus graves.
« Des mineurs sont parfois séquestrés avec des délinquants adultes, ce qui constitue une violation grave des lois congolaises et des principes de protection de l’enfance », a dénoncé le responsable de l’APDEF.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités judiciaires et administratives à intervenir rapidement afin de mettre fin à ces pratiques et de sanctionner les responsables.
« Nous lançons un appel aux autorités compétentes pour qu’elles mènent des enquêtes sérieuses, démantèlent ces cachots illégaux et arrêtent ceux qui les entretiennent afin de soulager la population de Babila Babombi », a conclu Ram’s Malikidogo.
La rédaction

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