L’Organisation Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a salué mardi la mise en service de 15 mégawatts supplémentaires d’électricité dans la province du Nord-Kivu, fournis par le Parc national des Virunga, estimant qu’il est possible de « tirer profit du parc sans le détruire » et appelant à sa préservation « pour l’intérêt commun ».
Dans un communiqué publié à Beni, l’organisation a qualifié cette avancée énergétique de « moteur du développement économique et social » dans une province confrontée à de multiples défis sécuritaires et humanitaires.
« Il est possible de tirer profit du Parc des Virunga sans le détruire. Préservons-le pour l’intérêt commun », a déclaré Me Olivier Ndoole, secrétaire exécutif de l’ACEDH.
La nouvelle capacité vient s’ajouter aux infrastructures existantes, notamment les 13,1 mégawatts de Matebe, 14 mégawatts d’Ivingu et 1,4 mégawatt de Mutwanga. Les 15 mégawatts constituent la première tranche d’un projet de 42 mégawatts à Rwanguba, renforçant la posture du Nord-Kivu comme province pilote en matière d’accès décentralisé aux énergies renouvelables.
Selon l’ACEDH, cette production énergétique s’inscrit dans un système décentralisé « plus responsable et transparent » et pourrait servir de catalyseur pour le développement national à travers le Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
« L’énergie est indispensable pour la sécurité, l’indépendance économique, les investissements, l’industrialisation ainsi que pour l’amélioration du bien-être et de la justice climatique », souligne le communiqué.
L’organisation estime que l’augmentation de la capacité énergétique améliore l’accès à une énergie « abordable, durable et fiable », soutient les activités semi-industrielles et artisanales et contribue à réduire la pression sur les ressources naturelles du parc.
« Le Parc des Virunga prouve à la face du monde que la forêt bien gardée peut beaucoup donner », a ajouté Me Ndoole, mettant en avant les emplois verts, l’entrepreneuriat et les initiatives technologiques rendus possibles par l’électricité produite localement.
Au-delà de son impact économique et social, l’ACEDH considère que l’énergie produite par Virunga Energies contribue à la mise en œuvre de l’article 48 de la Constitution de la République démocratique du Congo, relatif à la protection de l’environnement, ainsi qu’à l’Objectif de développement durable numéro 7 des Nations unies sur l’accès universel à l’énergie.
L’organisation appelle le gouvernement congolais à mettre en place des politiques fiscales d’allégement et de parrainage entre Virunga et d’autres parcs ou provinces à faible capacité énergétique, afin de soutenir l’émergence d’un réseau électrique national décentralisé.
Elle exhorte également les communautés riveraines à renforcer la protection des écosystèmes du Parc national des Virunga, qu’elle décrit comme un « poumon économique et climatique provincial incomparable », malgré l’insécurité persistante dans la région.
« La transition énergétique juste et la lutte contre le changement climatique passent par des initiatives concrètes comme celle-ci. La RDC peut consolider sa position de pays-solution », conclut le communiqué.
La rédaction

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