Nord-Kivu : deux colonels condamnés à cinq ans de prison pour la chute de Bunagana

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La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a condamné lundi 3 février en appel deux colonels des forces armées à cinq ans de prison pour s’être volontairement abstenus de combattre lors de la chute de Bunagana, une cité de l’est du pays, frontalière avec l’Ouganda.

Les officiers, le colonel Jean-Marie Ndiandia et le colonel Lobo René, étaient poursuivis pour leur rôle dans les événements de 2022, lorsque Bunagana était tombée aux mains de combattants soutenus par le Rwanda, selon les autorités congolaises, au plus fort des affrontements dans la province du Nord-Kivu.

« La Haute Cour militaire dit établie l’infraction d’abstention volontaire d’attaquer ou de combattre l’ennemi à charge du colonel Jean-Marie Ndiandia et du colonel Lobo René, et les condamne chacun à cinq ans de servitude pénale principale », a déclaré le général de brigade magistrat Jean-Claude Nzau Keba, président de la composition.

La juridiction a toutefois retenu des circonstances atténuantes, notamment la situation familiale des deux officiers, tous deux pères de familles nombreuses, a précisé la cour lors de l’audience.

Cette décision marque un net revirement par rapport au jugement de première instance. En 2023, la cour militaire du Nord-Kivu avait condamné les deux colonels à la servitude pénale à perpétuité, une peine désormais fortement réduite en appel.

La Haute Cour militaire a également pris en compte la durée de la détention déjà purgée. Arrêtés en octobre 2022, les deux officiers ont passé environ quatre ans et demi en prison. Il ne leur reste plus que quelques mois à purger pour achever l’exécution de la peine prononcée lundi.

Bunagana, un centre urbain à forte valeur stratégique et économique, avait été occupée lors d’une avancée militaire majeure dans cette zone frontalière instable. Sa chute avait provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique et entraîné l’ouverture de poursuites contre plusieurs responsables militaires, accusés de graves manquements opérationnels.

Jean-Marie Ndiandia, commandant du 34ᵉ régiment d’infanterie basé à Bunagana-Centre depuis 2022, et Lobo René, commandant du 33ᵉ régiment d’infanterie depuis mai de la même année, faisaient face à plusieurs chefs d’accusation, dont la fuite devant l’ennemi, l’abandon d’armes et de munitions, la violation des consignes militaires et le détournement de fonds opérationnels.L

La rédaction

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