RDC : le parti de Moïse Katumbi pose des conditions strictes à tout dialogue politique

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Le parti d’opposition Ensemble pour la République, dirigé par l’homme politique congolais Moïse Katumbi, a exigé lundi 2 février une série de mesures qu’il qualifie de préalables indispensables à l’ouverture d’un dialogue politique crédible en République démocratique du Congo (RDC), rejetant toute initiative qu’il considère comme un « simulacre de dialogue ».

Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa et datée du 2 février 2026, le parti affirme que le dialogue national inclusif, promu notamment par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) à travers un Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, est devenu une nécessité vitale pour restaurer l’unité nationale et mettre fin aux crises politiques, sécuritaires et sociales qui secouent le pays.

« Un dialogue national sincère, inclusif et apaisé est le seul moyen de sortir notre pays de la crise », affirme Ensemble pour la République, soulignant que toute médiation doit être « morale et neutre », conformément aux propositions de la CENCO et de l’ECC.

Des préalables jugés non négociables

Le parti de Moïse Katumbi conditionne sa participation à un dialogue politique à la mise en œuvre de plusieurs mesures, notamment la levée de toutes les condamnations à caractère politique, la libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que la fin des poursuites judiciaires jugées instrumentalisées à des fins politiques.

Il exige également la levée des restrictions à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants, ainsi que la cessation de toute forme de répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes.

« Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses : elles constituent le socle minimal de la confiance sans laquelle aucun dialogue ne peut être sincère », indique la déclaration.

Ensemble pour la République rejette explicitement le dialogue proposé par le président Félix Tshisekedi, estimant qu’il ne répond pas aux critères d’inclusivité et de crédibilité.

« On ne dialogue pas pour se conforter entre alliés politiques, mais pour affronter avec lucidité et courage les causes profondes de la crise », souligne le texte, ajoutant que toute démarche excluant des acteurs majeurs de la vie nationale serait « vouée à l’échec ».

Le parti dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de contradictions flagrantes du chef de l’État, l’accusant de refuser un dialogue politique avec l’opposition sur le territoire national tout en engageant des discussions avec les rebelles de l’AFC/M23 à Doha, hors de la RDC.

Mise en garde sur la Constitution et les mandats

Dans sa déclaration, Ensemble pour la République met également en garde contre toute tentative de révision constitutionnelle ou de prolongation du mandat présidentiel.

« La Constitution est sans équivoque : le président Félix Tshisekedi exerce son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028 », affirme le parti, ajoutant que le pays n’a besoin « ni de glissement, ni de tripatouillage constitutionnel, ni d’ambiguïtés institutionnelles ».

Selon le mouvement, tout dialogue servant de prétexte à la préparation d’un troisième mandat serait, par avance, condamné à l’échec.

Ensemble pour la République a enfin réaffirmé son soutien aux efforts régionaux en faveur de la paix, notamment ceux du président angolais João Lourenço, ainsi que l’engagement de l’Union africaine, sous la médiation du président togolais Faure Gnassingbé, pour une solution politique durable aux crises dans la région des Grands Lacs.

La rédaction

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