La hausse soudaine du prix de la braise dans la ville de Baraka, dans l’est de la République démocratique du Congo, suscite une vive inquiétude au sein de la population, déjà confrontée à des conditions socioéconomiques précaires, ont indiqué samedi des sources locales.
Selon plusieurs habitants, le prix d’un sac de braise est passé de 50.000 à 60.000 francs congolais, une augmentation jugée brutale et difficilement supportable pour les ménages.
« Nous ne savons pas comment faire pour qu’un sac de braise quitte de 50.000 FC à 60.000 FC de façon brusque, sans tenir compte des conditions sociales très faibles des consommateurs dans la ville de Baraka », a déclaré ALIKI Ndiolo habitant de Baraka.
Du côté des vendeurs, cette flambée est principalement attribuée à la pression fiscale exercée sur la chaîne d’approvisionnement. La présidente des vendeurs de braises du marché Je t’aime de Baraka, Madame Biffe, pointe la multiplication des taxes imposées par différents services de l’État.
« Cette hausse du prix est principalement due à la multiplicité des taxes imposées par les services de l’État, notamment la taxe du Fonds forestier national (FFN), la taxe du service de l’environnement, la taxe de l’effort de guerre, la taxe de l’anti-fraude ainsi que celles liées au secteur commercial », a-t-elle expliqué.
À ces charges s’ajoute, selon elle, une redevance supplémentaire de 2.000 francs congolais par sac, ce qui alourdit davantage les coûts supportés par les commerçants. « À toutes ces taxes, il faut aussi noter 2.000 FC de redevance par sac, ce qui alourdit les frais », a ajouté Madame Biffe.
La situation est également aggravée par la baisse du volume des activités commerciales dans la zone. D’après la présidente des vendeurs, les commerçants et acheteurs en provenance d’Uvira s’approvisionnent désormais au même lieu d’achat et de chargement, à Sebele, réduisant ainsi les opportunités de vente pour les acteurs locaux de Baraka.
Face à ces difficultés, les vendeurs appellent à l’apaisement. « Nous demandons aux acheteurs de rester calmes et compréhensifs, en tenant compte du contexte actuel qui échappe en grande partie à notre contrôle », a déclaré Madame Biffe.
Elle a par ailleurs lancé un appel pressant aux autorités et aux autres acteurs influents de l’espace Fizi-Baraka, notamment les députés, afin qu’ils utilisent leur poids politique pour obtenir la réduction de certaines taxes et ainsi soulager à la fois les vendeurs et les consommateurs.
Enfin, la responsable des vendeurs de braises a plaidé pour la construction de hangars de stockage, soulignant que les commerçants souffrent du manque d’abris pour leurs marchandises, surtout en période de pluies, comme c’est actuellement le cas à Baraka.
La rédaction

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