Une mobilisation environnementale d’envergure s’est tenue ce samedi 17 janvier 2026 le long de l’axe routier Miti–Kafulumaye, en territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu. Face à la dégradation progressive du couvert végétal et à la pression croissante exercée sur les écosystèmes forestiers, des jeunes engagés, des autorités locales, des leaders communautaires et des représentants des peuples autochtones ont uni leurs efforts autour d’une action de reboisement à portée écologique et sociale.
Cette initiative intervient pendant la raréfaction des ressources naturelles, l’expansion incontrôlée de certaines activités humaines et la proximité immédiate du parc national de Kahuzi-Biega, dont l’équilibre environnemental demeure fragile. Pour les initiateurs, il devenait urgent d’agir afin de freiner les effets de la déforestation, tout en suscitant une prise de conscience collective au sein des communautés riveraines.
Présent lors de l’activité, le chef du village de Miti Centre, Cabwine Mwami Balolebwami Rwabika, a insisté sur la nécessité de transformer cette action ponctuelle en un engagement durable.
« Mettre un arbre en terre n’a de sens que si chacun accepte d’en assurer la protection. La survie de ces plants dépendra de notre volonté commune de les arroser, de les protéger et de les transmettre comme un héritage aux générations futures », a-t-il déclaré devant les participants.
Au-delà de l’aspect pratique, cette mobilisation a également mis en lumière l’importance de la sensibilisation environnementale. Mumbere Kasereka Clément, coordonnateur provincial de l’Église de Jésus-Christ au Sud-Kivu, a rappelé que la protection de la nature repose avant tout sur un changement de comportement.
« La reforestation n’est qu’une étape. L’essentiel est d’amener les populations à comprendre que ce patrimoine naturel est une richesse commune, dont la destruction affecte directement notre avenir collectif », a-t-il souligné.
Malgré des contraintes logistiques et financières, l’action a permis de reboiser une portion significative du tronçon ciblé. Les organisateurs reconnaissent toutefois que l’objectif initial n’a pas été entièrement atteint, faute de moyens suffisants pour couvrir l’ensemble de l’axe. Pour Seth Amuli Moses, coordonnateur de l’Organisation des Jeunes Entrepreneurs pour l’Environnement (OJEE), cette initiative reste néanmoins porteuse d’espoir.
« Les signes de dégradation sont visibles partout. Sans les arbres, l’homme ne peut survivre. Protéger la forêt, c’est préserver la biodiversité, le climat local et les conditions de vie des populations », a-t-il expliqué, tout en appelant les partenaires techniques et financiers à accompagner durablement ce type d’actions.
Les peuples autochtones en alerte face à la perte de leur identité forestière
La participation active des peuples autochtones pygmées a constitué un moment fort de cette mobilisation. Pour ces communautés, la forêt ne représente pas seulement une ressource naturelle, mais aussi un pilier culturel et identitaire. Leur représentant, Safari Mufanzara Jean-Baptiste, a exprimé ses inquiétudes face à la disparition progressive des espaces forestiers.
« Lorsque la forêt disparaît, c’est toute une culture qui s’éteint. Le parc n’est pas une zone ouverte à toutes les pratiques, mais un héritage mondial que nous avons le devoir de protéger », a-t-il rappelé.
Il a également dénoncé la persistance de certaines pratiques destructrices, notamment la carbonisation illégale et l’abattage anarchique des arbres.
« Continuer sur cette voie, c’est compromettre notre avenir commun. Nous demandons à toutes les communautés concernées de mettre fin à ces activités qui détruisent notre patrimoine naturel et culturel », a-t-il averti.
Cette action environnementale a réuni des organisations de jeunes, des étudiants, des structures communautaires ainsi que des autorités locales, illustrant une volonté collective de faire face à l’urgence écologique qui menace le Sud-Kivu. Les participants espèrent que cette mobilisation servira de catalyseur à d’autres initiatives similaires, capables d’inscrire durablement la protection de l’environnement au cœur des priorités locales.
Yseult Lwango

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